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title: "Diffshock et la conviction de croire en son son: TF Word"
description: "Le premier EP du DJ et producteur de Mumbai sur Unchained Asia ouvre une conversation sur sa création, ses influences tribales et son identité sonore."
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# Diffshock et la conviction de croire en son son

Le premier EP du DJ et producteur de Mumbai sur Unchained Asia ouvre une conversation sur sa création, ses influences tribales et son identité sonore.

[Sagar Deshmukh](https://www.ticketfairy.com/fr/word/author/sagar0204)

6 novembre 2025  · 22 min de lecture

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***Le premier EP du DJ et producteur de Mumbai sur Unchained Asia a ouvert la voie à une conversation sur son processus créatif, le poids émotionnel de cette sortie, son affinité pour les influences tribales et bien plus encore.***

Il y a une beauté intrinsèque à voir un artiste découvrir sa véritable identité sonore et s’y consacrer avec une conviction inébranlable. Quels que soient les obstacles, les détours ou les moments de découragement qui se présentent, ceux qui croient en leur son continuent de le poursuivre sans relâche — ce que nous aimerions appeler l’« identité sonore » d’un artiste.

**Diffshock** est l’un de ces artistes. Originaire de **Mumbai**, en Inde, il incarne pleinement cette philosophie. Depuis ses débuts, Diffshock ne cesse de défendre ce en quoi il croit profondément. Quel que soit le sous-genre de bass music qu’il explore — dubstep, halftime ou autre — sa philosophie centrale, qui consiste à insuffler des rythmes tribaux à sa musique, reste assumée et immédiatement reconnaissable.

  [The Dogon Sirius](https://www.youtube.com/embed/g5nv-auh82g?feature=oembed)

La musique de Diffshock est un spectacle de percussions tonitruantes qui appellent une réponse physique, de lignes de basse qui grondent à travers des mélodies irrésistiblement funky et de textures tribales puisées non seulement dans les traditions culturellement riches de l’Inde, mais aussi dans les sonorités autochtones de tous les continents.

Cette identité occupe désormais le devant de la scène avec ses débuts sur le label de bass music phare du continent asiatique, **Unchained Asia**. Avec l’EP « Pulse », Diffshock livre, à notre avis, son travail le plus maîtrisé et le plus dynamique à ce jour. Sur quatre morceaux minutieusement façonnés, aussi hypnotiques qu’inhabituels, il tisse des récits guidés par la basse avec sa fascination pour la mythologie et le mystique.

L’EP accueille également deux collaborations avec certains des talents les plus passionnants de la bass music indienne, **Keltic** et **C4GE**, qui ajoutent de nouvelles dimensions à la puissance déjà manifeste de « Pulse ». Cette collection de morceaux fait le lien entre mouvement et mythologie, rythme et introspection, tout en affirmant clairement les intentions de l’une des nouvelles voix électroniques les plus singulières d’Inde.

Compte tenu de la profondeur thématique de l’EP et de sa nature collaborative, nous avions envie de remonter aux origines de l’obsession tribale de Diffshock, de comprendre sa dynamique créative avec Keltic et C4GE et de nous plonger dans la mythologie qui traverse cette sortie. Nous avons réuni les trois producteurs pour une conversation approfondie sur la création de l’EP « Pulse ».

**TFword : Félicitations pour la sortie de « Pulse » ! Qu’est-ce que cela vous fait de voir enfin ce projet sortir dans le monde sous l’égide d’Unchained Recordings ?  
DIFFSHOCK :** Tout d’abord, merci à toutes les personnes qui m’ont soutenu sur ce projet. Sortir cet EP avec Unchained Recordings est un moment particulier, parce que j’admirais sincèrement le label bien avant qu’il ne me contacte. J’écoute Unchained depuis environ quatre ans, notamment ses morceaux halftime, expérimentaux et subtilement lourds. L’un des premiers titres qui m’a accroché était Fetus – Black Gas, et c’est grâce au label que j’ai découvert des artistes que j’admire vraiment, comme Champion Sound, Rohaan, Cesco, Kray, Groves, Radiax, Neve, Dead End, Throe et bien d’autres. Être accueilli dans la famille Unchained, où des artistes du monde entier partagent une vision et un esprit sonore similaires, est incroyable et m’inspire à pousser mon son encore plus loin.

**TF : Pouvez-vous nous parler du concept derrière « Pulse » ? Que représente ce titre pour vous, sur le plan sonore et émotionnel ?  
DIFFSHOCK :** Cette trilogie repose sur une histoire très personnelle et émotionnelle. Beaucoup de gens me demandent ce que signifient mes morceaux et, en ligne, je réponds souvent simplement : « Il n’y a pas d’histoire », parce qu’il est difficile d’expliquer quelque chose d’aussi personnel en quelques mots. Mais je vais essayer de le partager ici. Je produis de nombreux genres en dehors de la bass music, mais au fond, j’ai commencé comme producteur de bass music. Avec le temps, je me suis naturellement tourné vers la construction de ma propre identité sonore — brute, spirituelle, guidée par le rythme —, ce que les gens reconnaissent aujourd’hui comme mon son tribal bass.

Le premier chapitre, The Native Morass, reflète mon enfance — une période qui n’a pas été très facile. Chaque morceau fait écho à des émotions dont je n’ai jamais parlé, à des souvenirs que j’ai gardés cachés et à des parts de moi que je ne pouvais pas partager. C’est comme tendre un miroir à mon passé et laisser la musique parler quand je n’en étais pas capable.

Le deuxième chapitre, Escape, représente le fait de se libérer. C’est la période où j’ai commencé à respirer, à vivre, à me faire de nouveaux amis et à accueillir la vie avec une énergie nouvelle. C’est pourquoi l’EP mêle bonheur et obscurité : il porte à la fois le poids du passé et la lumière du mouvement vers l’avant.

Le troisième chapitre, Pulse, représente qui je suis aujourd’hui — concentré, motivé, avançant avec intention et faisant confiance au mouvement. Le nom Pulse vient du battement de cœur qui vous pousse en avant : la lutte, le mouvement et la détermination. L’idée de « raising Ulla » symbolise le fait de nourrir sa force intérieure et son but — Ulla étant un prénom associé à la volonté et à la détermination — et de devenir soi-même, selon ses propres règles.

Forest Walk représente l’acceptation. La nature suit ses propres règles : rien n’est garanti et tout peut changer en un instant. La vie, comme la forêt, est imprévisible, parfois rude, mais aussi magnifique. Ce chapitre consiste à comprendre que les difficultés ne sont pas des échecs — elles font partie de la croissance et de l’évolution.

Au total, ce voyage, c’est : les blessures de l’enfance, la fuite, la réalisation de soi, l’acceptation et le mouvement. Cette trilogie, c’est moi qui apprends à me comprendre, un Pulse à la fois.

  [Diffshock - Pulse EP by Unchained Recordings](https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Fplaylists%2F2099317563&show_artwork=true&maxheight=1000&maxwidth=702)

**TF : Combien de temps la création de « Pulse » a-t-elle pris et à quels défis avez-vous été confronté pendant sa réalisation ?  
DIFFSHOCK :** En réalité, je n’ai pas rencontré beaucoup de difficultés pendant la création de cet EP, parce que je connais très bien Keltic et C4GE. Nous avons déjà travaillé ensemble à plusieurs reprises, donc j’étais convaincu que tout se mettrait en place facilement, en une seule tentative. Le seul défi a été le temps nécessaire : environ trois mois, ce qui est la plus longue période que j’aie consacrée à un projet jusqu’à présent. C’est arrivé parce que j’étais également très pris par de nombreux concerts et d’autres projets pendant cette période.

****TF :**Chaque morceau de l’EP semble porter un rythme et une énergie distincts. Quelle était votre vision en façonnant le son et le déroulement général de l’EP ?  
DIFFSHOCK :** Dès l’instant où quelqu’un appuie sur lecture, je voulais que l’identité centrale soit immédiatement perceptible : des basses lourdes, des percussions tribales et un mouvement primitif. Le déroulement de l’EP a été pensé avec beaucoup d’intention, chaque morceau menant au suivant par une progression naturelle de l’énergie et de l’émotion. Je voulais donner une impression de mouvement vers l’avant, où un morceau se termine et où le suivant évolue à partir de lui, créant un voyage fait de tension, de relâchement, d’élan et de résolution. Pendant le travail, je me demandais constamment : Est-ce que ce morceau nourrit le battement de cœur ? Reflète-t-il l’état concentré et déterminé dans lequel je me trouve aujourd’hui ? Et reste-t-il fidèle à mes racines — cette essence brute et tribale de la bass music pour laquelle on me connaît ? L’EP est donc cohérent, mais chaque morceau possède sa propre identité. Je veux que les auditeurs entendent les morceaux et ressentent un flux continu.

****TF :**Certains sons, samples ou environnements ont-ils constitué le socle de l’identité sonore de cet EP ?  
DIFFSHOCK :** Oui, quelques éléments sonores fondamentaux ont façonné l’identité de cet EP. Je me suis largement appuyé sur des textures organiques et tribales — tambours joués à la main, percussions en bois, sons de respiration et motifs rythmiques presque rituels. Je voulais que la musique semble vivante et enracinée, comme si elle venait d’un rassemblement autour d’un feu plutôt que d’un studio. J’ai aussi utilisé des ambiances environnementales, comme des bruits de forêt, des insectes nocturnes, des pas et de subtils courants d’air ou frottements de métal. Ces couches créent une atmosphère et du mouvement, de sorte que même les espaces silencieux semblent intentionnels. Sur cette base, j’ai construit des lignes de basse lourdes et physiques pour donner à la musique son élan et son impact. L’objectif était d’équilibrer un rythme humain et brut avec une basse profonde qui pousse vers l’avant — ancrée dans la nature, mais destinée au dancefloor.

****TF :**Vous avez travaillé avec Keltic et C4GE sur ce projet. Comment ces collaborations sont-elles nées et qu’est-ce que chacun d’eux a apporté au résultat final ?**  
**DIFFSHOCK :** Travailler avec Keltic et C4GE a été vraiment intéressant et naturel. Ils me comprennent très vite — pas seulement musicalement, mais aussi dans ma façon de penser et dans mes intentions. Ce sont tous les deux de grands auditeurs, mais aussi de grands penseurs. Comme je l’ai dit plus tôt, cet EP a pris environ trois mois, ce qui est plus long que d’habitude pour moi, parce que je gérais beaucoup de concerts et d’autres projets en parallèle. Au milieu de tout cela, je me suis retrouvé bloqué sur l’avancement de quelques morceaux.

Keltic a finalement travaillé sur deux morceaux parce qu’il était présent à mes côtés tout au long du processus, en proposant des idées et en m’aidant à faire avancer la vision. Comme j’étais bloqué, il est intervenu et nous avons terminé Pulse et Flow en un rien de temps. Même s’il vient principalement de la drum & bass, il était enthousiaste à l’idée d’explorer cette direction tribal bass, qui lui est venue naturellement.

C4GE, de son côté, est quelqu’un que je connais depuis longtemps. Il avait déjà remixé l’un de mes morceaux de la série The Native Morass, et ce remix m’avait clairement montré la force de son sound design et de sa capacité à raconter des histoires. Il n’a pas eu besoin de beaucoup d’explications : il a immédiatement compris le concept et livré exactement l’atmosphère de jungle et de forêt que je recherchais. Nous partageons beaucoup d’influences, d’amis et de goûts sonores, si bien que notre collaboration s’est faite sans effort.

Keltic et C4GE viennent tous les deux du même environnement créatif que moi — du même habitat, pourrait-on dire —, donc ils comprennent profondément ma vision. Ils ont apporté à l’EP non seulement leur savoir-faire de producteurs, mais aussi une clarté émotionnelle et conceptuelle. Leur travail m’a sincèrement impressionné.

En tant que producteurs, nous sommes toujours en train d’apprendre. La musique ne s’arrête jamais vraiment — et travailler avec eux me l’a rappelé.

****TF :**Ces collaborations vous ont-elles poussé à explorer de nouveaux territoires rythmiques ou émotionnels ?  
DIFFSHOCK :** Oui, absolument. Chaque collaboration apporte de nouvelles perspectives, de nouvelles connaissances et de nouveaux territoires émotionnels à explorer. J’ai plus de 50 morceaux en ligne, dont environ 35 sortis en singles, mais travailler avec les producteurs de mon entourage m’a ouvert une toute nouvelle dimension. Chaque artiste possède son propre rythme, sa façon de penser et ses compétences, et la collaboration nous permet d’échanger tout cela en temps réel. Par exemple, en travaillant avec Keltic, j’ai appris de nombreux nouveaux workflows de plugins et techniques de production qui ont élargi ma manière de façonner les grooves. Avec C4GE, j’ai été sincèrement impressionné par son approche : il a travaillé sur presque tous les DAW et utilise toujours un workflow très manuel, à l’ancienne, qui donne au son une sensation brute et ancrée. Cela m’a rappelé que la profondeur technique et l’instinct pur peuvent aller de pair. Je n’ai jamais choisi mes collaborations en fonction des chiffres ou du statut — je le fais par respect pour l’artiste et pour la connexion musicale. Si je crois au son de quelqu’un, j’ai envie de construire avec lui. Et chaque collaboration me pousse vers de nouveaux motifs rythmiques, de nouvelles textures émotionnelles et de nouvelles façons de penser. Beaucoup d’amour à tous les collaborateurs qui ont participé à ce voyage — chacun a façonné mon son à sa manière.

**TF à KELTIC : Comment avez-vous adapté votre son pour cette collaboration avec Diffshock ?  
KELTIC :** Étant avant tout producteur de Drum & Bass, j’ai vu cette collaboration comme une occasion d’élargir mon spectre. Diffshock est connu pour créer des morceaux inspirés des sonorités tribales et expérimenter avec des sons sombres et menaçants, ce qui rend sa musique variée et singulière. J’ai décidé d’intégrer certains de mes propres éléments et techniques de production issus de la Drum & Bass afin de compléter son style. Ainsi, Pulse et Flow ont gagné un contraste marqué et une profondeur solide — ce qui a non seulement renforcé sa partie, mais s’est aussi fondu harmonieusement avec la mienne, pour aboutir à un résultat plus cohérent et dynamique.

****TF à KELTIC :** Quel moment du processus vous a le plus marqué, celui où le morceau a vraiment pris vie ?  
**KELTIC** :** Pendant que nous créions ce morceau sur le Discord de Welupt Community, la communication et la complicité entre Diffshock et moi se sont vraiment démarquées. Nous partageons une vision similaire de ce qui fonctionne le mieux et de ce qui ne fonctionne pas. Nous croyons tous les deux fermement à la phrase « Less is more ». En gardant cela à l’esprit, nous avons soigneusement choisi les éléments qui rendraient le morceau plus organique et naturel. Au fond, ces moments partagés — et notre conviction que « Less is more » — ont joué un rôle essentiel pour donner vie au morceau.

****TF à**C4GE : Votre travail porte souvent une énergie expérimentale et percussive très forte. Comment cela a-t-il influencé la direction de votre collaboration sur « Pulse » ?  
**C4GE** :** Fait intéressant, le morceau que Diffshock m’a envoyé m’a immédiatement parlé, notamment grâce à son travail de batterie, qui possédait cette énergie brute vers laquelle je suis toujours attiré dans le dubstep. Dès que j’ai entendu la démo, j’ai su exactement ce dont elle avait besoin, ce qui m’a amené à créer la mélodie principale avec laquelle le morceau s’ouvre. Forest Walk est devenu un mélange des idées de vocal chops de Diffshock et de mes sections mélodiques, et je trouve qu’elles se complètent très bien. Le processus a aussi été expérimental pour moi, puisque j’ai joué les vocal chops sur ma boîte à rythmes, une approche que j’explore récemment dans mon workflow.

******TF à**C4GE :** Quelle a été votre première impression en découvrant le concept de Diffshock pour l’EP, et comment vouliez-vous contribuer à cette vision ?**  
****C4GE** :** Je trouve que l’EP avait une vraie sensation brute, avec des batteries lourdes, ce que j’ai adoré, mais j’ai aussi eu l’impression qu’il lui manquait un peu de cet élément indien. Forest Walk a contribué à combler cet espace et lui a apporté la texture dont il avait besoin. Comme la plupart des morceaux avaient une tonalité plus sombre, je voulais apporter quelque chose de plus lumineux pour équilibrer l’ambiance générale, et Forest Walk remplissait parfaitement ce rôle

****TF à **DIFFSHOCK**** :** **Votre son puise souvent dans les percussions tribales et les récits mythologiques, ce qui est assez unique sur la scène bass indienne. Comment avez-vous canalisé ces influences dans « Pulse » ?  
DIFFSHOCK :** J’ai toujours été profondément lié aux sonorités traditionnelles et classiques — pas seulement celles de l’Inde, mais du monde entier. Je suis né dans une famille bengalie et, à Kolkata, la musique fait partie du sang culturel de la ville. En grandissant, les percussions m’entouraient constamment. Je me suis passionné pour les différentes cultures de la batterie à travers l’Inde, comme le Chenda Melam du Kerala, le Dhol Cholom du Manipur, le Dhol Tasha du Maharashtra, les rythmes du Puliyattam du Tamil Nadu, le Dhak bengali, l’Auji Dhol de l’Uttarakhand et plus de 35 autres. Chacune de ces traditions possède sa propre grille rythmique, son propre timing et son propre mode d’expression.

Grâce à cette base, mes percussions ont toujours été plus fortes que mon côté mélodique. La musique tribale est, à la base, un pur travail de rythme — battement de cœur, mouvement, danse, transe — et cette identité s’écoule naturellement dans mes morceaux. On peut entendre cette influence dans presque tout ce que je compose.

Et il n’y a pas que l’Inde. J’écoute des musiques folkloriques et rituelles de Thaïlande, d’Indonésie, des cultures amérindiennes et du Mexique, ainsi que des instruments du Moyen-Orient et de Turquie. Je suis un grand amateur de musique et de chanteurs folkloriques turcs, entre autres. Quand on écoute attentivement, on réalise que la plupart des instruments et des rythmes partagent le même esprit et la même tonalité — seule la géographie modifie leur forme et leur son à mesure que les idées voyagent. Beaucoup d’instruments de percussion ont été découverts par accident, et ces « erreurs » ont donné naissance à des sons puissants. Je pense que les erreurs sont l’un des principaux moteurs de la création — probablement que 75 % des œuvres les plus intéressantes sont nées d’erreurs. Les erreurs peuvent être terribles, mais elles sont aussi un cadeau de Dieu si elles mènent à quelque chose de beau. Je dis à tout le monde de faire des erreurs cent fois, parce que c’est le seul endroit où l’on trouve l’unicité.

Une autre source d’inspiration vient des créatures mythiques. Chaque tradition possède ses propres êtres mystiques, profondément liés à la musique, et j’ai toujours aimé leurs histoires. Les entendre évoquer par des personnes de différentes régions, tout en explorant leurs sons et leurs cultures, a façonné mon imagination. Parmi mes préférés, il y a Kirtimukha, Tengu du Japon, Barong de Thaïlande, Mara issu des récits bouddhistes, Theyyam du Kerala et du Karnataka, et Ramman de l’Uttarakhand. Être né entouré de ces histoires m’a toujours émerveillé et a influencé l’esprit de ma musique.

C’est le même état d’esprit que j’ai apporté à l’EP Pulse : explorer, expérimenter, laisser le rythme guider plutôt que forcer la structure. Je n’essayais pas d’imiter directement la musique traditionnelle — j’en ai canalisé l’essence : une énergie brute, primitive et ancrée.

Au fond, c’est simple : j’aime les tambours. Le rythme est ma première langue. Et Pulse est construit à partir de ce battement de cœur.

**TF : Pouvez-vous nous donner un exemple de mythe ou de récit culturel précis qui a inspiré l’un des morceaux ?  
DIFFSHOCK :** Pas vraiment — je ne me suis directement inspiré d’aucun mythe pour cet EP. Ce projet est entièrement consacré à la motivation, aux difficultés, au mouvement et au fait de maintenir le pouls en vie. Cependant, le morceau Forest Walk porte un message fort sur l’habitat de la jungle et les relations entre tous les êtres vivants, un thème que j’essaie d’explorer dans chaque morceau — transmettre une leçon morale ou un enseignement qui nous garde les pieds sur terre.

Forest Walk est orienté vers la spiritualité et inspiré par les lois de la nature. Son message reflète les cycles de la vie : lorsque les feuilles jaunes se fanent, les vertes s’élèvent. Le temps est la force la plus puissante de l’univers, celle qui gouverne chaque être vivant. Le morceau encourage l’équilibre — manger ce qui est nécessaire, ne blesser personne et vivre en harmonie. Même un arbre centenaire finit par tomber, le feu peut prendre dans une forêt dense et humide, et pourtant la nature continue. La nature est puissante et impartiale : elle n’épargne personne et ne reconnaît ni rois, ni démons, ni dieux. Tout contribue à l’équilibre de la vie.

L’essence de ce morceau, et de l’EP, est simple : respecter tous les êtres vivants comme sa famille, vivre de manière durable et accueillir l’héritage fondamental de la vie. C’est un rappel à profiter de l’existence, à agir avec intégrité et à coexister avec le monde qui nous entoure.

****TF :**Il y a une certaine énergie spirituelle, presque rituelle, dans vos productions. Est-ce intentionnel ou est-ce que cela émerge naturellement de votre processus créatif ?  
DIFFSHOCK :** Honnêtement, je ne sais pas si je le fais consciemment — je pense simplement avoir grandi comme ça, donc cela me vient naturellement. Je ne planifie jamais un morceau autour d’un concept ou d’un thème unique, comme une créature mystique ou une histoire précise. Généralement, l’histoire s’écrit d’elle-même au cours du processus. Je suis profondément attaché aux sons que j’aime, en particulier aux percussions tribales, et je me tourne naturellement vers des tonalités et des textures qui portent cette énergie.

Si vous voulez entendre mon travail de batterie et ma manière de raconter des histoires à travers la musique, vous pouvez écouter des morceaux comme Ravananugraha, Murkh, Shaman, Two Sides, Mayong Dub et Dwarka. Ils reflètent l’essentiel de mon énergie rituelle et de ma relation au rythme comme outil narratif.

****TF :**Comment votre son a-t-il évolué entre vos premières sorties et ce que l’on entend aujourd’hui sur « Pulse » ?  
DIFFSHOCK :** Comme je l’ai dit plus tôt, je produis dans tous les genres. Je n’aime pas rester au même endroit — mon TDAH me pousse à explorer et à expérimenter constamment. Je n’aime pas les limites ; je considère le ciel comme mon monde. J’ai toujours été libre, intrépide et prêt à suivre tout ce qui m’enthousiasme. J’adore expérimenter et je me moque des critiques — si j’aime quelque chose, je le sors. Cet état d’esprit a façonné la personne que je suis aujourd’hui.

Grâce à cela, je trouve ma place partout, j’ai des amis dans tous les genres et j’entretiens des liens qui comptent. Mon son change tout le temps, influencé par mes humeurs et mes expériences, mais il existe toujours un terrain commun : les rythmes tribaux. J’aime chaque phase de mon évolution musicale et, si vous parcourez mon catalogue, vous entendrez à quel point je peux changer rapidement d’énergie tout en conservant cette essence tribale centrale. Je suis content que vous posiez cette question — c’est toujours amusant de revenir sur le parcours !

****TF :**En tant qu’artiste qui pousse le dubstep indien vers de nouveaux horizons, qu’est-ce qui définit selon vous le son bass indien aujourd’hui ?  
DIFFSHOCK :** À mon avis, la scène bass indienne compte d’innombrables producteurs extrêmement talentueux, et c’est vraiment inspirant de voir tout ce qu’ils apportent aujourd’hui à cette culture. Ce qui rend cela encore plus remarquable, c’est qu’autrefois, les ressources disponibles pour les producteurs de bass music étaient extrêmement limitées. Nous n’avions pas accès au même niveau d’outils, de connaissances ou de plateformes qu’aujourd’hui, ce qui rendait difficile l’obtention de la qualité sonore et des standards de production qui émergent désormais de la scène. Mais les choses ont radicalement changé : la technologie, l’accessibilité et la communauté ont complètement redéfini ce qui est possible.

Aujourd’hui, c’est une tout autre histoire. Les producteurs ont accès à des plugins de haute qualité, à de meilleurs équipements, à des contenus pédagogiques et à des espaces de collaboration qui leur permettent de hisser leur son aux standards internationaux. La nouvelle génération de producteurs ne fait pas que de la musique : elle construit un mouvement — un mouvement qui s’épanouit grâce à la collaboration, à l’expérimentation et au respect mutuel. L’un des aspects les plus admirables de la scène actuelle est l’ouverture de ces jeunes artistes à travailler avec des noms établis. Leur volonté de collaborer avec des artistes plus expérimentés les aide non seulement à affiner leur savoir-faire, mais renforce aussi tout l’écosystème, en créant un échange continu d’idées et d’inspiration.

Je suis sincèrement fier de la direction que prend la scène bass indienne. Il y a un sentiment d’unité, d’élan et d’innovation plus fort que jamais. Je crois vraiment que l’avenir est extrêmement prometteur pour notre communauté, principalement parce qu’elle regorge de producteurs passionnés et tournés vers l’avenir qui refusent de laisser la scène s’éteindre. Des artistes comme Darn, C4GE, Kesler, Keltic, Bvo, Vazor, Beats Infinity, Dipgrix, Dhunnman, Yuklij, Hellkitty, Norbu, Swiss Holly, Who’s a Goodboy et bien d’autres repoussent constamment les limites et entretiennent cette énergie. Leur constance et leur créativité me donnent confiance dans le fait que la scène bass indienne continuera de grandir, d’évoluer et de s’imposer sur la scène mondiale pendant de nombreuses années

  [Diffshock 2025](https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Fusers%2F853320085&show_artwork=true&maxheight=1000&maxwidth=702)

****TF :**Comment voyez-vous votre son évoluer dans les prochaines années — davantage expérimental, plus mélodique ou peut-être encore plus tourné vers la narration ?  
DIFFSHOCK :** Je ne suis pas vraiment quelqu’un qui décide toujours de ce qu’il va créer. Quand je commence à faire de la musique, cela dépend toujours des situations actuelles qui m’entourent ; je me concentre toujours sur le présent. Cela dit, j’ai beaucoup de morceaux inédits et je prévois de collaborer avec des personnes intéressantes, des artistes internationaux et de bons labels. Mes « jours d’éléphant » sont terminés — ma « phase tigre » a commencé, toujours à l’affût, ce qui signifie ne jamais s’arrêter.

****TF :**Pour finir, qu’espérez-vous que les auditeurs ressentent ou retiennent en découvrant « Pulse » du début à la fin ?**  
**DIFFSHOCK :** J’espère que les auditeurs ressentiront un voyage fait de mouvement, d’énergie et de détermination — un battement de cœur qui continue de pousser vers l’avant. Les percussions tribales, la basse et le flux relient chaque morceau, tandis que Forest Walk nous rappelle les cycles de la vie et la puissance de la nature. En fin de compte, je veux que Pulse soit ressenti physiquement, émotionnellement et spirituellement, en laissant les auditeurs énergisés, inspirés et connectés au rythme. Je tiens également à remercier toute l’équipe d’Unchained, en particulier Fragment, Max et Lyndon, d’avoir créé ce projet avec moi et de m’avoir permis de rencontrer des personnes formidables. Merci à l’équipe de Ticket Fairy de m’avoir donné l’occasion de partager cette interview et, bien sûr, merci à toutes les personnes qui m’ont soutenu en chemin !

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## Sagar Deshmukh

Drum & Bass head with a tinge of hip shake for Disco. A DJ when I am not glued to my screen!

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Sagar Deshmukh  9 oct. 2026

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Ivanova  8 oct. 2026

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Ivanova  7 oct. 2026
