Kanine explore les multiples facettes de la drum & bass dancefloor sur son premier album
Avec une impressionnante liste de collaborations, l’album de douze titres ‘Reflections’ sort chez UKF.
Avec une impressionnante liste de collaborations, l’album de douze titres ‘Reflections’ sort chez UKF.
Au fil des années, le DJ et producteur londonien Kanine s’est imposé comme l’une des figures les plus reconnaissables de la scène dancefloor contemporaine, en développant un son qui s’épanouit sur des lignes de basse massives et des refrains irrésistibles, presque taillés sur mesure pour ces moments où les bras se lèvent. Ses productions dégagent un certain sentiment d’urgence, puisant dans la capacité du genre à mêler l’énergie rave débridée à une écriture euphorique et profondément émouvante.
Révélé autour de 2018, Kanine a émergé avec un son situé entre dancefloor et jump-up, réunissant la puissance de la seconde et les arrangements mélodiques et amples de la première. Son talent pour créer des refrains immédiatement reconnaissables et les associer à des drops explosifs a rapidement attiré l’attention de l’ensemble de la communauté drum & bass. Un flot régulier de sorties, de collaborations et de soutiens de la part de figures établies de la scène l’a aidé à passer du statut de producteur émergent à celui d’habitué des programmations de clubs et de festivals internationaux, où il démontre sans relâche sa compréhension de ce qui rend la drum & bass si exaltante en live.
Mais réduire l’identité musicale de Kanine à des drops massifs et à des munitions pour dancefloor reviendrait à n’en raconter que la moitié. Sous cette surface à haute intensité se cache un producteur qui possède une fine appréciation de la mélodie, de l’atmosphère et de l’émotion. Ses productions reposent sur un équilibre calculé, où les arrangements de synthés euphoriques et les passages vocaux mémorables s’articulent autour de l’intensité brute de ses drops. C’est cette interaction entre puissance et musicalité qui a permis à son son d’évoluer sans sacrifier les qualités qui l’avaient d’abord fait remarquer.
Ce contraste constitue précisément la colonne vertébrale de son premier album, ‘Reflections.’ Au fil de ses douze titres, Kanine nous fait traverser les différentes facettes de son identité musicale : des hymnes taillés pour les festivals, des productions puissantes guidées par la voix et des passages plus introspectifs, sans jamais perdre de vue ses fondations. Les amateurs de drum & bass à plein régime y trouveront largement leur compte, mais l’album propose aussi des moments qui invitent à prendre du recul et à s’immerger dans ses dimensions plus mélodiques et émotionnelles.
À bien des égards, l’album ressemble à un vaisseau spatial survolté qui se prépare pour un long voyage vers l’inconnu. Il nous laisse l’impression de savoir exactement quand accélérer, quand faire preuve de maîtrise et quand propulser l’appareil à pleine puissance. Chaque titre joue son rôle dans ce périple, nous faisant passer par des moments d’énergie à haute intensité, d’introspection et, finalement, d’atterrissage triomphal.
‘Wide Awake’ s’ouvre sur une introduction parfaitement dosée, presque inspirée du cyberpunk, avant de s’écraser sur un drop mesuré mais suffisamment massif. C’est une déclaration d’intention qui donne le ton du voyage à venir, à la manière d’un vaisseau spatial se préparant au décollage. ‘Bloodstream’ enchaîne avec une superbe introduction et un sample vocal qui en fait une production incroyablement polyvalente. Qu’il soit joué sur un dancefloor, dans une voiture ou simplement écouté au casque, il y a ici de quoi s’accrocher.
‘Feel The Vibration,’ l’une des premières sorties de l’album, apporte une dimension réflexive à l’ensemble, en associant des voix puissantes à un drop tout aussi imposant. Et c’est l’un de ces moments où le vaisseau spatial passe son premier véritable test. L’énergie pure du morceau lui donne la force nécessaire pour résister à la pression. Le titre éponyme, ‘Reflections’, nous offre un instant pour faire une pause et tout assimiler, nous guidant vers un paysage sonore plus soyeux, plus doux et plus euphorique. Un changement de rythme bienvenu qui laisse enfin respirer l’album.
‘Deeper’ poursuit ce voyage introspectif en s’orientant vers un son plus atmosphérique, offrant un nouveau moment de calme avant que les moteurs ne redémarrent. ‘Midnight Sun’ et ‘Power’ sont deux productions taillées pour les festivals. Puissantes, accrocheuses et percutantes, elles débordent de cette énergie qui encourage l’abandon total sur le dancefloor. Ce sont les moments où le vaisseau accélère, les deux morceaux fournissant une propulsion généreuse.
‘Surrender’ ramène l’album vers un territoire plus introspectif, les voix de Jem Cooke apportant à la production une dimension à la fois euphorique et poignante. ‘Ascension’ ressemble à la dernière frontière de cette expédition intergalactique dans laquelle Kanine nous a embarqués jusqu’ici, avec un mur du son absolument colossal qui impose sa présence.
‘Touchdown,’ avec Sorta et Mila Fills, est exactement ce que son titre suggère : un tour d’honneur et une célébration, mais livrés avec une force phénoménale. Un moment exaltant qui apporte une sensation de triomphe au récit de l’album. ‘Lost Tonight’ entretient cet élan festif, avec des rythmes absolument survoltés qui laissent peu de place pour reprendre son souffle. Si Touchdown marque la victoire, voici la fête qui suit.
‘Release Me (VIP)’ clôt l’album en offrant un dernier chapitre à un voyage qui a traversé différentes nuances de drum & bass sans jamais perdre de vue son objectif central. Une impression d’accomplissement se dégage de l’ensemble, concluant un album sans aucun titre de remplissage et construit autour d’une drum and bass sans filtre.
Au bout du compte, ‘Reflections’ est une pièce maîtresse qui comprend les nombreux contextes dans lesquels la musique électronique peut exister. Si son cœur est fermement ancré dans le dancefloor, ses productions possèdent suffisamment de caractère, d’émotion et de polyvalence pour voyager bien au-delà du club. En douze titres, c’est un périple fait de propulsion, de retenue, de réflexion et de libération, chaque morceau contribuant à une vision plus vaste.
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