Critique TFword : le premier album d’IMANU – « Unfold »
IMANU, l’un des producteurs les plus novateurs de la drum & bass, livre son éblouissant premier album, « Unfold », sur le label Deadbeats de Zeds Dead.
IMANU, l’un des producteurs les plus novateurs de la drum & bass, livre son éblouissant premier album, intitulé « Unfold », sur le label Deadbeats de Zeds Dead.
Jonathan Kievit, alias IMANU, entrera dans l’histoire de la bass music comme l’un de ses plus brillants précurseurs. En un peu moins de trois ans depuis la création de son alias IMANU, il a changé la manière dont les auditeurs comme les artistes perçoivent la drum & bass. La capacité de ce producteur franco-néerlandais à mêler son goût pour la narration émotionnelle à des rythmes brutalistes, distinctifs et techniques, en fait l’un des artistes les plus passionnants de la scène.
IMANU n’avait que 16 ans lorsqu’il a fait ses débuts officiels sous le nom de Signal, explorant les facettes les plus rugueuses et industrielles de la drum & bass. Il n’a pas fallu longtemps avant que les légendes néerlandaises de Noisia signent son morceau « Tripwire » sur leur imprint Invisible Recordings — et quand Noisia signe un artiste de 16 ans, on y prête attention. Depuis, IMANU a enchaîné les sorties sans relâche, publiant sa musique sur des labels comme Bad Taste, Dispatch, Cyberfunk, Neodigital et Critical Music.
C’est en 2019 qu’il a décidé de s’aventurer sur un territoire dépourvu de frontières entre les genres, d’attentes rigides en matière de tempo et de contraintes formelles liées aux formats adaptés aux DJ ; c’est ainsi qu’est né IMANU. Puissante, émotionnelle, complexe et techniquement irréprochable : voilà comment le producteur a abordé son parcours sonore après ce changement d’alias — une expédition qui a déjà fait de lui l’un des plus grands noms de la bass music à seulement 22 ans.
Après des sorties futuristes et inclassables sur Deadbeats, UKF, Critical Music et VISION Recordings, IMANU revient sur l’imprint Deadbeats de Zeds Dead, un label dont il est devenu un habitué pour son premier album « Unfold ». Comme son nom l’indique, l’album déploie véritablement toute la maîtrise de production d’IMANU, au point de faire chanter les louanges de cette sortie à l’ensemble de la communauté bass music.
Ce chef-d’œuvre de 15 titres s’ouvre sur « It’s Our Destiny », porté par la voix apaisante de la chanteuse australienne Ku?ka. Des mélodies aquatiques et des rythmiques aux accents trap créent une merveilleuse cacophonie, parfaite pour lancer cette longue sortie. « Empress » était le troisième single dévoilé au début de l’année dans le cadre de l’album. Sur ce morceau, IMANU nous entraîne dans une plaine acoustique glitchée et conquérante, une direction qu’il continuera de défendre dans les années à venir.
Vient ensuite la collaboration mesurée et puissante d’IMANU avec l’artiste néerlandais de future bass DROELOE, qui réunit leurs styles pour créer un paradis bancal. The Caracal Project et Maria-Lea s’associent à IMANU sur « Syrah », un morceau féroce, distordu et ondulant, mais rythmiquement séduisant. « Temper » et « Pillow Talk » voient le maestro de la bass music emprunter une voie aérienne, avec leurs textures liquides et leurs douces tonalités house. Le style vocal éthéré de LaMeduza complète à merveille l’approche orchestrale d’IMANU sur « Es Tu Réel? », tandis que « Can’t Find The Words » prend le virage hyperpop et décalé avec sa montée en puissance et son drop.
« Lonely Mess » illustre parfaitement pourquoi il est impossible d’enfermer IMANU dans un style précis : il continuera toujours de nous surprendre. « Huil » est né de la rencontre de deux forces incroyablement créatives autour d’un morceau. Dominé par les synthés, progressif et industriel, ce titre est un véritable hymne introspectif pour les clubs. À ce stade, difficile de deviner ce qu’IMANU a encore dans sa manche ; il n’y a rien que cet homme ne puisse faire. Avec ses rythmiques de batterie sombres et percussives et son usage brillant d’une électronique minimaliste, « Haunt My Mind » est un chaos chaleureux et mélancolique, garanti de vous donner des frissons.
Une electronica inquiétante et culminante, traversée de distorsions nerveuses : voilà l’approche d’IMANU sur « Origami », tandis que « Somehow We Lost It All » ajoute une nouvelle touche d’underground britannique à l’album. Enfin, « 1000 Year Reign » tire le rideau sur « Unfold » : IMANU y met toute son énergie pour créer un morceau aux harmonies captivantes et conclut avec panache ce premier album magistral, riche d’une musique cacophonique et saturée de glitches.
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