TFword en conversation avec C:rcle
Nous avons échangé avec la sensation slovaque de la drum & bass sur son premier single de 2023, son parcours, la scène DnB locale et plus encore.
Nous avons échangé avec la sensation slovaque de la drum & bass sur son premier single de 2023, son parcours, la scène DnB locale et plus encore.
Ayant grandi dans une famille de musiciens et les intégrant à ses explorations sonores, il n’est pas surprenant de constater la profondeur des productions de drum & bass avant-gardistes de Patrícia Buj?áková, alias C:rcle. Originaire de Slovaquie, un pays qui a donné à la scène des noms aussi remarquables que B-Complex, Subtension et Changing Faces, pour n’en citer que quelques-uns, Patrícia n’a jamais manqué d’influences pour perfectionner son art de productrice.
Le C:rcle a fait son entrée sur la scène grâce à ses talents sublimes derrière les platines, qui ont vu la Slovaque livrer des sets de DJ captivants, saupoudrés des différents sous-genres de la drum & bass. Son goût pour l’expérimentation s’est ensuite traduit par sa première sortie l’année dernière, publiée sur le label néerlandais de drum & bass Korsakov Music.
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Près d’un an après sa première sortie, C:rcle est de retour chez Korsakov avec un single puissant taillé pour le dancefloor, « Oscillate », en collaboration avec Gid Sedgwick. Après cette sortie, nous avons voulu approfondir les réflexions de C:rcle sur son dernier titre. Nous nous sommes donc assis avec la sensation slovaque de la drum & bass pour une conversation sans détour, et voici ce qu’elle avait à nous dire :
TFword : D’une petite ville de Slovaquie à plusieurs récompenses, et maintenant un retour chez Korsakov : ton parcours est une source d’inspiration. Quel regard portes-tu dessus ?
C:RCLE : C’est fou. Je suis passée de fan de drum and bass, au premier rang de toutes les soirées possibles, à DJ locale, puis à quelqu’un capable de produire sa propre musique et de jouer devant des foules immenses. Mais j’ai toujours simplement suivi cette passion qui me poussait à faire quelque chose que j’aime autant. Pourtant, si quelqu’un m’avait dit en 2016 que tout cela allait arriver, je ne l’aurais pas cru.
Je suis fière de moi, parce qu’il y a eu énormément de travail derrière tout ça, mais aussi beaucoup de chance. Le succès repose finalement sur le travail, la famille et les amis qui vous soutiennent, la régularité et le réseau, et parfois le fait d’être au bon endroit au bon moment. La période du Covid a aussi eu ses bons côtés : j’avais davantage de temps à consacrer à la production.
TF : Nous adorons l’ambiance festival de ton dernier titre, « Oscillate ». Comment s’est passée la création du morceau avec Gid Sedgwick ?
C:RCLE : Pour commencer, je dois dire que je préfère personnellement les voix masculines ou les chants dans les octaves graves. Je cherchais quelqu’un capable de réaliser mon idée, car j’en avais une très précise. Le titre original d’Oscillate était Unconscious. J’ai envoyé à Gid des exemples de voix que j’aimais, et il m’a envoyé une version qui dépassait largement mes attentes. J’en ai eu la chair de poule. Il a même utilisé le mot « unconscious » dans les paroles et changé le titre, ce que j’adore absolument. Ce serait un honneur de faire à nouveau de la musique avec cet artiste à l’avenir.
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TF : Quels sont les artistes qui t’ont donné envie de produire de la drum & bass ?
C:RCLE : Mon cœur appartient à la drum and bass dancefloor/mainstream, même si j’aime écouter et jouer tous les sous-genres. Je dois donc citer Dimension, Sub Focus, Metrik, Culture Shock et Lexurus parmi mes inspirations absolues. Lexurus m’enseigne également la production musicale. Je suis actuellement en quête de mon propre son, et je veux puiser mon inspiration dans bien plus que ces seuls noms.
TF : Ton activité de DJ est tout aussi fascinante. Qu’as-tu ressenti en jouant dans des salles à travers l’Europe ?
C:RCLE : J’adore voyager, découvrir de nouveaux endroits et rencontrer de nouvelles personnes. La communauté drum and bass est soudée et, où qu’un DJ arrive, il est accueilli comme s’il rendait visite à une famille éloignée. C’est un privilège absolu de pouvoir jouer à l’étranger et de recevoir une énergie incroyable du public. J’attends avec impatience les autres occasions et destinations qui m’attendent. Je me souviendrai toujours d’avoir joué au Printworks à Londres : c’est en tête de ma liste de réussites jusqu’à présent.
TF : Comment se porte la scène drum & bass en Slovaquie ?
C:RCLE : Le genre lui-même est très populaire et bénéficie d’une communauté solide. Chaque pays a son sous-genre de prédilection. En République tchèque, c’est le neurofunk qui est le plus populaire ; au Royaume-Uni, les rollers ou le jump up belge ; chez nous, c’est clairement la mainstream et l’énergique dancefloor. Les gens préfèrent les grands événements en intérieur aux soirées plus modestes en club. La dernière fois, j’ai eu le privilège de figurer sur une affiche dont les têtes d’affiche étaient Sub Focus, Friction et Goddard. Il y avait environ 2 000 personnes. C’était irréel.
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TF : Quels autres styles ou genres C:rcle aime-t-elle explorer en dehors de la drum & bass ?
C:RCLE : Mon parcours musical est éclectique. J’ai grandi avec la musique classique, puisque mon père joue de la contrebasse dans l’orchestre. J’ai moi-même joué du violon pendant six ans et chanté dans une chorale. À l’adolescence, j’ai toutefois été happée par la drum and bass, puis par une période dubstep. Mais la drum and bass a absolument éclipsé tous les autres genres. En 2020, je me suis prise de passion pour la techno, la trance et la progressive house. L’année dernière, le hardstyle s’est ajouté à la liste. Comme je travaille à la radio et que je fais écouter chaque semaine de l’actualité de la musique électronique aux auditeurs, je découvre des morceaux très variés et je dois dire que ma playlist est particulièrement riche.
TF : Quels sont les projets de C:rcle pour le reste de 2023 ?
C:RCLE : Je passe beaucoup de temps chez moi en ce moment, à travailler et surtout à terminer des morceaux. Vous pouvez clairement vous attendre à davantage de musique cette année. Il y aura des collaborations, mais aussi des singles. J’attends l’été avec impatience, et surtout les festivals. Je dois mentionner Korsakov en Allemagne, où je partagerai l’affiche avec les grands noms de la scène. C’est une sensation surréaliste, alors si vous le pouvez, je vous recommande de venir.
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