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Le carnaval de Trinidad and Tobago

Trinidad and Tobago, deux îles des Caraïbes, portent l’empreinte de nombreuses cultures. Leur carnaval célèbre cette histoire, entre musique, costumes et traditions.

Le pays de Trinidad and Tobago se compose de deux îles situées dans les Caraïbes. Au fil des ans, la nation a connu de nombreux colonisateurs, chacun y laissant son influence : Français, Espagnols, Néerlandais, Britanniques, pour n’en citer que quelques-uns. Les principales industries du pays sont le pétrole, le gaz naturel, l’acier, le cacao, les textiles de coton, etc. Trinidad and Tobago a obtenu son indépendance en 1962.

Imprégné d’un éventail de cultures locales et étrangères, le carnaval de Trinidad and Tobago célèbre avec enthousiasme la richesse des traditions et la diversité du pays. Comme de nombreux carnavals dans le monde, celui-ci se tient avant le mercredi des Cendres. Cette année, le carnaval de Trinidad and Tobago est prévu du 28 février au 1er mars.

Les racines du carnaval de Trinidad and Tobago

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Les Français furent parmi les premiers à faire venir des esclaves d’Afrique et d’autres colonies pour servir de main-d’œuvre sur les îles. Les colonisateurs européens s’y implantèrent en développant des industries du coton, de la canne à sucre, du cacao, du pétrole, etc. Au cœur de la colonisation, ils partagèrent leurs cultures avec les îles des Caraïbes. Cela passait notamment par l’organisation de bals somptueux et de fêtes masquées, avec festins de nourriture et de boissons, costumes élaborés et couvre-chefs.

Leurs esclaves n’étaient pas autorisés à y participer, de quelque manière que ce soit. Pendant toute la durée des festivités, ils devaient répondre aux besoins de leurs maîtres et maîtresses. Ils finirent toutefois par organiser leurs propres fêtes, imitant et tournant en dérision les activités de leurs colonisateurs tout en mettant en avant leurs cultures et traditions respectives.

Ce n’est qu’en 1833 que ces fêtes prirent un tour plus animé. Cette année-là marqua l’abolition de l’esclavage dans tout l’Empire britannique et vit naître le « Canboulay », une procession de rue. Le Canboulay posa les bases de ce qui est devenu aujourd’hui le carnaval de Trinidad and Tobago.

Canboulay, ou « Cannes Brulees », signifie « canne brûlée ». Le terme renvoie aux esclaves contraints de se précipiter dans les champs pour éteindre les incendies, puis de récolter et de sauver autant de cannes que possible. Ils étaient envoyés dans les champs de canne à sucre au son des cors et des conques. Chaque année pendant le carnaval, enfants et adultes rejouent cette tragédie à travers la danse folklorique, la musique et le théâtre, pour célébrer la résistance et l’émancipation.

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La parade !

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La parade est un mélange et un croisement de cultures. Elle rassemble celles présentes sur l’île, celles héritées des dirigeants coloniaux et celles que les esclaves ont introduites dans le pays par le commerce. Elle présente plus de 2 000 costumes de masques différents et attire plus de 40 000 participants au sein des fanfares et groupes en marche. Les costumes, symboles et objets s’inspirent d’éléments interdits par les dirigeants pour réprimer la culture des habitants originels et des esclaves.

Les costumes étaient présentés lors d’un « Canboulay » afin de se moquer de l’attitude et de la tenue des maîtres coloniaux. C’est ainsi qu’est né le « Mas » de la parade : les participants revêtent des costumes colorés, portent des masques et se déguisent en dansant le long du parcours. Aujourd’hui, la parade aligne des chars et des costumes représentant des personnages issus des traditions et cultures africaines et européennes.

Les costumes comprennent également des robes et des coiffes élaborées, des marins, des oiseaux, des dragons, des clowns et des tenues culturelles. Dame Lorraine (un personnage rappelant les planteurs français, qui défilaient en groupes lors d’événements privés), Jab Jab (le diable), le burrokeet (l’âne), le midnight robber et les moko jumbies (danseurs sur échasses) comptent aussi parmi les personnages présents dans la parade.

Le calypso, issu du « kaiso », le chant folklorique traditionnel, résonne dans la parade aux côtés de la soca — « l’âme du calypso » —, du Rapso, de l’Extempo, de la musique Chutney (un mélange de musiques folkloriques indiennes et caribéennes) et, plus récemment, de la musique électronique. Le calypso est né comme moyen de communication et de narration, tandis que la soca est considérée comme une musique porteuse d’énergie.

Les fanfares en marche, parfaitement synchronisées, utilisent de nombreux instruments, dont des steel pans, des tambours Tassa, des tambours en bambou, des bongos, ainsi que de nombreux instruments à cordes et à vent. Les steel pans, nés de l’utilisation de barils dans l’industrie pétrolière, sont fabriqués à la main depuis les années 1930.

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Cuisine, musique, danse et bien plus encore !

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Le carnaval de Trinidad and Tobago se déroule dans la capitale, Port of Spain. Les préparatifs des célébrations commencent plusieurs mois à l’avance. Sous l’influence de leurs dirigeants catholiques romains, le carnaval est programmé le lundi et le mardi précédant le mercredi des Cendres, avant la période de jeûne et d’abstinence.

Les festivités commencent par un « J’Ouvert » traditionnel, ou « marche au lever du soleil », qui se déroule tard dans la nuit du dimanche et le lundi matin. Au programme : danses traditionnelles et modernes, musique live, cuisine locale, stands d’artisanat fait main et bien plus encore. La cuisine rassemble un assortiment de recettes venues du monde entier. Doubles (pois chiches au curry pris en sandwich entre deux morceaux de pain plat frit), viande de requin frite, crabe au curry accompagné de boulettes, rotis garnis de poulet, de bœuf ou de fruits de mer, bières brassées localement et rhum fermenté comptent parmi les spécialités servies ici.

L’un des grands concours consiste à élire le Roi et la Reine du carnaval. Le résultat dépend des costumes portés par un roi et une reine à la tête de leurs groupes ou chars respectifs. Le Soca Monarch — qui récompense la meilleure musique du carnaval — et le Calypso Monarch — prix décerné au meilleur groupe en marche — font également partie des festivités. Le Panorama est un concours annuel de steel bands organisé depuis 1963, auquel participent des groupes venus de tout le pays, chacun interprétant une pièce de calypso de dix minutes.

Le carnaval est célébré dans de nombreux autres pays des Caraïbes, comme la République dominicaine, la Jamaïque, Puerto Rico, Haïti, etc. Ces pays partagent des histoires d’émancipation similaires.

 

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Image à la une via exie-ahia.

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