Aller aux articles

L’énergie intemporelle d’Antoine Clamaran sur le dancefloor

Nous avons rencontré l’icône française de la dance pour parler de son nouveau single chez Adesso Music, de l’évolution de sa musique et de la suite.

Nous avons rencontré l’icône française de la dance pour parler de son nouveau single chez Adesso Music, de l’évolution de sa musique au fil des ans et de sa vision de la suite.

Figure incontournable de la scène dance française, Antoine Clamaran a joué un rôle fondamental dans l’implantation de la house au cœur de la culture club hexagonale, défendant le genre à une époque où il bouillonnait encore sous la surface. Révélé dans les années 90 grâce à ses résidences au Palace et au Queen, clubs légendaires de Paris, et à ses soirées emblématiques coanimées avec des artistes comme Laurent Garnier et David Guetta, Antoine s’est solidement imposé comme l’un des principaux défricheurs musicaux de son pays.

Ses débuts dans l’underground parisien ont évolué en une série de sorties à succès, révélant toute l’étendue de son registre, de la French house funky et filtrée aux hymnes de peak time qui ont enflammé les dancefloors partout en Europe. Au fil des ans, des titres comme ‘Gold,’ ‘Get Up,’ et ‘Release Yourself’ sont devenus des classiques des clubs, tandis que ses collaborations et ses remixes lui ont valu une reconnaissance internationale. Cofondateur du label Pool E Music, Clamaran a offert une plateforme à la musique électronique de qualité, faisant avancer les artistes émergents comme confirmés tout en restant fidèle à son identité sonore.

Après une récente pause, Clamaran est revenu à ses racines house avec une détermination renouvelée. Ses sorties sur des labels respectés comme Toolroom Trax et HouseU, ainsi que sur ses propres structures Clap Production et Pool E Music, ont marqué un retour triomphal, rappelant son talent inégalé pour créer des morceaux irrésistibles. Il ajoute aujourd’hui une nouvelle étape à son illustre carrière avec ses débuts sur le label Adesso Music de Junior Jack.

Maître du groove, Antoine Clamaran mêle avec fluidité fanfare percussive et lignes de basse puissantes sur son nouveau single ‘Para Para.’ Des voix espagnoles découpées s’entrelacent au groove martelé pour créer un hook de dancefloor irrésistible, révélant cette énergie taillée pour les clubs qui définit son son depuis des décennies, tout en conservant une fraîcheur totale.

Nous avons retrouvé Clamaran pour approfondir ‘Para Para,’ revenir sur son influence durable dans le mouvement house français et découvrir ce que réserve la suite à cette figure pionnière de la dance mondiale.

TFword : Commençons par la dernière sortie. ‘Para Para’ est un banger très percussif, porté par le groove. Qu’est-ce qui a inspiré le morceau et comment a-t-il pris forme sur le plan créatif ?
Antoine Clamaran : Cela faisait un moment que j’avais envie de revenir au type de son que je produisais au début des années 2000 — des morceaux comme Dr Drums, Supalá, etc. Para Para est pour moi une continuation naturelle de cette époque — un véritable retour aux sources. C’est un titre instinctif et percussif, doté d’une énergie brute qui me rappelle mes débuts.

TF : Les voix espagnoles découpées de ‘Para Para’ sont un élément marquant. Qu’est-ce qui vous a attiré vers ce style vocal et comment a-t-il orienté le morceau ?
Antoine Clamaran : En réalité, la voix est en portugais ! Je voulais essayer quelque chose de nouveau et sortir de ma zone de confort. Ce choix a immédiatement donné une autre couleur au morceau et contribué à façonner l’ambiance générale de la production.

TF : C’est votre première sortie sur Adesso Music, le label de Junior Jack. Qu’est-ce qui en a fait le foyer idéal pour ‘Para Para’ ?
Antoine Clamaran : Je suis ce label et je l’admire depuis un moment. Comme beaucoup de producteurs, j’ai simplement envoyé une démo — et ils ont répondu rapidement, avec enthousiasme. Cela m’a donné beaucoup de confiance dans cette collaboration.

TF : De vos débuts au Palace et au Queen à Paris jusqu’à vos sorties actuelles sur Adesso Music, comment décririez-vous votre évolution sonore au fil des décennies ?
Antoine Clamaran : Le passage du vinyle au numérique a déjà constitué un bouleversement majeur. Puis les réseaux sociaux sont arrivés et ont de nouveau changé la donne. Mais pour moi, le plus grand changement a été l’inversion des rôles dans la scène : à l’époque, les DJs devenaient producteurs — aujourd’hui, les producteurs deviennent DJs. Cette évolution a fortement influencé la manière dont la musique est créée et dont les artistes construisent leur identité.

TF : Après votre récente pause, vous êtes revenu à vos racines house. Qu’est-ce qui a inspiré ce retour et comment abordez-vous la production aujourd’hui par rapport aux années 90 et 2000 ?
Antoine Clamaran : Ce retour semblait presque inévitable. J’avais vraiment envie de renouer avec les sons qui m’enthousiasmaient à mes débuts. Bien sûr, les outils ont changé, mais l’élan reste le même. Aujourd’hui, je produis avec davantage de recul, mais je recherche toujours ce même groove et ce même impact immédiat.

TF : Votre musique a toujours été portée par un groove bien particulier. Comment gardez-vous un son frais tout en restant fidèle à votre signature ?
Antoine Clamaran : Je pense que cela tient à la manière dont les morceaux sont construits — leur structure — mais aussi au choix des sons, en particulier des éléments percussifs. J’aime expérimenter, sans jamais perdre de vue ce qui définit mon style.

TF : Vous enchaînez les sorties remarquées sur Toolroom, HouseU et vos propres labels. Comment comptez-vous continuer à faire évoluer votre son dans les mois à venir ?
Antoine Clamaran : Depuis les débuts de la musique électronique, c’est la technologie qui a fait avancer les choses — synthétiseurs, boîtes à rythmes, samplers, ordinateurs… Je me laisse simplement guider par elle. Elle ouvre constamment de nouvelles portes créatives.

TF : Envisagez-vous d’explorer d’autres genres ou tempos dans un avenir proche, ou la house reste-t-elle fermement au cœur de vos envies ?
Antoine Clamaran : Il m’arrive de produire des morceaux pour d’autres artistes, ce qui me permet d’explorer différents styles. Mais lorsqu’il s’agit de ma propre musique, je reste dans un registre que je connais, que je maîtrise et, surtout, que j’aime.

TF : Dans un monde où les tendances et les technologies évoluent sans cesse, comment la dance peut-elle continuer à se développer en renouant avec ses racines ?
Antoine Clamaran : La musique fonctionne souvent par cycles. Regardez la techno aujourd’hui : elle fait un grand retour, alors qu’elle était presque sortie des radars il y a quelques années. Je pense que la première étape, quand on fait de la musique, est de la faire pour soi — puis de la partager avec les autres.

Suivez Antoine Clamaran sur Instagram | Soundcloud | Facebook | Spotify

Pour plus d’interviews d’artistes et d’actualités, suivez TFword sur Instagram | Facebook | X

À lire aussi :

‘In My Arms’ de Anfisa Letyago réinvente la réalité dans un clip saisissant

Captain Bass recharge ses batteries avant son prochain voyage sonore

La crise climatique australienne menace-t-elle les festivals et les concerts ?

Newsletter TF Word

Recevez TF Word dans votre boîte mail

Un e-mail par semaine : les articles qui valent la lecture et les concerts qui valent le déplacement. Pas de spam, désabonnement à tout moment.

Lisez ici, allez-y ensuite

Chaque article de TF Word commence par une sortie.

Trouvez les concerts, festivals et soirées dont parle le magazine.

Trouver des événements près de chez vous