L’annuaire de la bass music : les histoires qui ont marqué 2025
Nous replongeons une dernière fois dans les souvenirs bass music de 2025, en revisitant les moments qui ont rendu cette année si spéciale pour la scène.
Nous replongeons une dernière fois dans les souvenirs bass music de 2025, en revisitant les moments qui ont rendu cette année si spéciale pour la scène.
La beauté de la bass music, ces dernières années, réside dans son évolution incessante et cyclique. Presque chaque année au cours du dernier demi-siècle, nous avons vu au moins une branche de cette culture revenir sur le devant de la scène ou accéder à la scène mondiale. Depuis le début de 2021, nous avons assisté à l’essor fulgurant de la drum & bass et au retour tant attendu de la jungle, ainsi qu’à celui de la UK garage.
Ces deux dernières années, nous avons vu le dubstep et la trap, à certains égards, retrouver la popularité qu’ils avaient perdue. Mais quelque chose nous répétait sans cesse que 2025 serait une année différente pour la bass music. Cette année est devenue une célébration mondiale d’une scène qui a enfin dépassé ses frontières traditionnelles — l’Europe et l’Amérique du Nord — pour résonner aux quatre coins du globe.
En revenant sur cette période de transformation, une chose est claire : 2025 est l’année où l’underground de la bass music a prouvé sa résilience et sa capacité à s’imposer dans le mainstream. Pour comprendre véritablement comment nous en sommes arrivés là, nous avons donc décidé de remonter au début de 2025, de repasser l’année en revue et de retenir les moments, grands ou petits, qui ont défini ce qui restera probablement dans les mémoires comme une année exceptionnelle pour la scène.
Le retour de Fred Again…
Nous commençons avec l’une des figures les plus aimées de la bass music, Fred Again…, qui a livré une année explosive, jalonnée de moments définissant le genre et couvrant l’intégralité de 2025. Certains murmures laissaient entendre qu’il pourrait lever un peu le pied, mais il ne s’agissait jamais vraiment d’une pause. Fidèle à ses habitudes, Fred Again.. a balayé toute idée de ralentissement avec une série de sorties marquantes et de performances inoubliables.
Musicalement, sa production a été prolifique, mais deux sorties en particulier — sa collaboration avec Skepta et Plaqueboymax sur « Victory Lap », et « Winny » avec Sammy Virji et Winny — ont pulvérisé tous les records de viralité. Ces morceaux ont constitué de véritables moments culturels pour la bass music, dominant à la fois les clubs et les fils des réseaux sociaux. Surtout, son calendrier de tournée a dépassé les bastions habituels de l’Europe et de l’Amérique du Nord, avec des performances en Asie, à Singapour, en Indonésie, au Japon, en Corée du Sud et en Thaïlande.
Malgré toutes les discussions sur un éventuel ralentissement de Fred Again.., 2025 a apporté une réponse éclatante : il a reconquis son trône, au cœur même de la culture bass contemporaine.
L’année des albums bass music
Quand des albums au long cours sortent dans tout le spectre d’un genre, c’est généralement le signe évident que celui-ci est au sommet de sa confiance — et c’est exactement ce qui se passe actuellement avec la bass music. 2025 est devenue une année charnière pour les récits bass au long format, lourds en basses. D’abord, l’icône du dubstep Skrillex a sorti de manière totalement inattendue un album de 34 titres, suivi par le LP « Fibonacci » de Subtronics, tandis que Sub Focus dominait les ondes drum & bass avec les hymnes émotionnels et taillés pour le dancefloor de « Contact ».
PhaseOne a ensuite livré « Terranova », un album de dubstep infusé de metal qui fusionne les extrêmes de la musique enregistrée. À l’autre bout du spectre, le sorcier expérimental DjRUM a proposé le remarquable « Under Tangled Silence », une sortie qui brouille les genres en tissant des textures dubstep dans des structures IDM, ambient et broken beat.
Ces albums signés par des poids lourds ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Si le mainstream a bénéficié d’une visibilité massive, la véritable victoire de l’underground réside dans la polyvalence née de l’interconnexion sans précédent que nous avons observée en 2025.
Les festivals bass music en Asie
Pendant très longtemps, les plus grandes célébrations de la bass music sont restées confinées aux régions bénéficiant de la plus forte visibilité — et, bien sûr, de la consommation la plus importante à tous les niveaux. Mais ces dernières années, la tendance s’est clairement inversée. En 2024 et 2025, nous avons assisté à l’essor de LOCUS Bali, un festival entièrement consacré à la drum & bass organisé à Bali, tandis que l’édition thaïlandaise du célèbre festival mondial Electric Daisy Carnival, alias EDC, a fait venir dans la région certains des plus grands noms de la bass music, comme Skrillex, Subtronics, Hamdi et Dimension.
Alors que 2025 touche à sa fin, l’un des plus grands collectifs drum & bass britanniques, DnB Allstars, a annoncé ses débuts très attendus en Thaïlande, avec une programmation complète prévue dès le premier mois de 2026. Parallèlement, LOCUS Bali prépare l’annonce de la Phase 1 de son édition 2026, après une édition 2025 couronnée de succès. La bass music connaît actuellement une ruée vers l’or historique en Asie et, si l’immense bond en avant de 2025 est un indicateur, 2026 devrait être la plus grande année jamais vécue par le genre sur le continent.
Andy C fait enfin ses débuts dans Boiler Room
En matière de DJing drum & bass, Andy C est véritablement un phénomène de la nature. Depuis plus de trois décennies, « The Executioner » façonne des moments décisifs dans ses sets et offre au public des souvenirs qu’il chérira toute sa vie. Il a fait trembler les fondations des plus grands festivals du monde avec ses sélections légendaires et ses triples drops, mais il lui manquait depuis des années une étape importante : un showcase Boiler Room, un espace connu pour permettre aux artistes de dépouiller leur approche et de s’exprimer selon leurs propres règles.
Andy C n’a évidemment jamais eu besoin d’une autorisation pour cela. Quand le moment est arrivé, il a livré exactement ce que l’on attend d’un set d’Andy C : rapide, percutant et purement divertissant. Une performance qui a capturé l’essence même du genre qu’il défend depuis ses débuts, prouvant une fois de plus pourquoi il reste la référence absolue de la drum & bass.
Le retour de Nero, ainsi que de Skream et Benga
Si le dubstep fait un grand retour au premier plan du mainstream, il est logique de voir les créateurs du genre se réunir à nouveau, ainsi que les figures du dubstep moderne que nous pensions ne plus jamais revoir. Pendant près d’une décennie, le monde électronique a attendu le troisième chapitre de la trilogie NERO. Cette attente a pris fin avec la sortie du LP « Into The Unknown », paru en 2025. NERO a conservé cette dynamique en 2025 avec deux singles typiquement NERO : cinématographiques, lourds, mélodiques et dramatiques sans la moindre excuse.
Les créateurs du dubstep, Skream and Benga, qui s’étaient séparés il y a environ dix ans, ont fait leur retour, cette fois avec de la musique. Une tranche de dubstep old school enveloppée dans les contours contemporains du genre. Ce sont toutefois leurs sets qui attirent l’attention depuis leur retour. Sans même transpirer, ils ont réintroduit la patience, le poids et la culture du sound system dans la conversation. Ce faisant, ils ont rappelé à une génération habituée à la surcharge sensorielle permanente que les mouvements les plus puissants commencent souvent dans l’ombre des basses fréquences.
Les têtes d’affiche bass music des grands festivals
La popularité de la bass music a atteint de tels sommets que des artistes de toute la scène sont désormais programmés en tête d’affiche sur les mainstages des plus grands festivals de dance music. Subtronics a été la tête d’affiche bass music incontestée de l’année, suivi de Chase & Status, Illenium et Zeds Dead, entre autres. Nous avons également assisté à des collaborations historiques, comme Skrillex en back-to-back avec ISOXO, Deadmau5 en back-to-back avec les pionniers de la drum & bass Pendulum, ou encore LSZEE, la collaboration entre CloZee x LSDREAM qui a défini le son de 2025 avec sa production scénique psychédélique et ambitieuse.
Red Bull Symphonic avec Camo & Krooked
Ce n’est pas la première fois que les visionnaires autrichiens de la drum & bass tentent un exploit de cette ampleur. Leur performance originale Red Bull Symphonic de 2020 avait été une collision stupéfiante et révolutionnaire entre deux univers musicaux distincts, mais pour une raison ou une autre, l’édition Johann Strauss de 2025 semblait différente.
La performance semblait plus lumineuse, plus intime et bien plus chargée émotionnellement. La résidence 2025 au Wiener Konzerthaus, aux côtés des Wiener Symphoniker, a fait le pont entre la culture de la valse du XIXe siècle et le poids bass du XXIe siècle, réaffirmant qu’au-delà de ses capacités à faire vibrer les entrepôts, la drum & bass est un langage sophistiqué et polyvalent, capable de voyager dans toutes les directions stylistiques.
Les frontières de la bass music s’estompent
VIER, une collaboration entre Thys, membre du trio désormais dissous NOISIA, Holly, Machinedrum et Salvador Breed sur VISION Recordings, ressemblait davantage à un manifeste sur la direction que prend la bass music en 2026 qu’à une rencontre conventionnelle entre quatre artistes du genre.
Il en va de même pour Ring Noord. La vision collaborative menée par Nik Roos aux côtés de Former, habitué de VISION Recordings, reflète l’héritage de Noisia, fondé sur la perfection technique et l’intensité maximale. Le goût de VIER et de Ring Noord pour traiter le sound design comme une expérience immersive et relevant du grand art, plutôt que comme un simple matériau de club, a permis à la bass music de proposer des portes d’entrée variées, en attirant l’attention sur le fait que ses marges techniques et expérimentales ont connu une révolution silencieuse.
Enfin, alors que 2025 touche à sa fin, ce qui frappe le plus dans la bass music est la lucidité avec laquelle la scène se comprend elle-même. Cette année a vu des artistes historiques revenir avec une énergie renouvelée, de nouvelles collaborations dépasser les cadres hérités et des scènes du monde entier entrer avec assurance dans la lumière. S’il y a une chose que cette année a prouvée, c’est que l’avenir de la bass music ne réside ni dans un son, ni dans un lieu, ni dans un moment. Comme ses racines, elle vit dans le mouvement et dans une communauté qui continue d’évoluer sans perdre de vue ses origines.
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