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Conçu pour le dancefloor : le premier album de Vici

Le prodige français de la drum & bass nous parle de son nouvel album, de l’équilibre délicat d’un long format et des joies de sa création.

Le prodige français de la drum & bass nous a accordé un entretien approfondi autour de son nouvel album, explorant l’équilibre délicat d’un long format, les aspects les plus gratifiants de sa création et bien plus encore.

Vici n’est pas seulement un producteur prodigieux qui a attrapé le virus de la drum & bass à l’âge de 9 ans : c’est aussi une véritable dynamo du dancefloor, un maître du rythme qui s’épanouit dans les sphères survoltées du genre sans jamais perdre de vue son pouls essentiel. Son son est explosif et précis, taillé pour le club mais enrichi d’une finesse technique qui force le respect des puristes comme des faiseurs de fête.

Depuis près d’une décennie, Vici façonne un catalogue éclectique, publiant sur des labels de poids comme Blackout Music, Neksus Sound, Sinful Maze, In The Lab Recordings, Hyperactivity Music, Kosen Production et Impact Music, entre autres. Ce parcours à travers différents labels souligne sa polyvalence : celle d’un artiste capable de s’adapter à l’évolution des styles sans sacrifier son tranchant caractéristique. Qu’il s’agisse de rollers guidés par la tech, de jump-up rugissant ou de grooves expérimentaux, la constance et le savoir-faire de Vici en ont fait un nom incontournable de la scène.

Aujourd’hui, cette évolution atteint un nouveau sommet avec son premier album studio, ‘Flashover,’ une déclaration audacieuse qui résume tout ce qui fait du virtuose français l’un des talents les plus captivants de la drum & bass. Riche en vitesse, en puissance et en ingéniosité rythmique, le projet célèbre le chemin parcouru tout en offrant un aperçu de son avenir. Sorti sur le label Neksus Sound d’Annix, vénéré dans le milieu, l’album trouve l’équilibre parfait entre destruction frontale du dancefloor et sound design inventif, prouvant que Vici sait livrer adrénaline et sens artistique à parts égales.

À la suite de cette sortie, nous nous sommes entretenus avec Vici pour approfondir la genèse de ‘Flashover.’ Comment a-t-il abordé l’équilibre entre productions solo et collaborations ? Qu’est-ce qui définit l’identité sonore de l’album ? Et quels ont été les moments les plus gratifiants — ou les plus difficiles — de sa création ? Voici ce qu’il nous a confié…

TFword : Félicitations pour la sortie de ‘Flashover!’ Maintenant que l’album est dans le monde, que ressentez-vous face à l’accueil qui lui est réservé et au parcours qu’il représente ?
VICI :
Merci beaucoup ! C’est une sensation assez particulière. Travailler si longtemps sur un même projet, jour et nuit, en essayant de construire quelque chose qui me représente pleinement, à travers son histoire, sa direction artistique, puis le livrer au monde entier, c’est un mélange de plusieurs émotions : de la joie, du soulagement et même de la peur. Quant à l’accueil, je ne pourrais pas être plus reconnaissant ; les retours ont été si positifs, de la part du public, de mes pairs et de personnes que j’admire et respecte énormément, qui m’ont couvert d’éloges pour cet album. Merci à tous.

TF : Vous avez constitué un incroyable catalogue au fil des années. Comment cet héritage a-t-il influencé la création de ‘Flashover,’ et que ressentez-vous à l’idée d’ajouter cet album à votre œuvre ?
VICI : Cet album est l’aboutissement de plusieurs années de travail sur ma signature sonore et sur la direction que je voulais prendre, avec un mélange de jump-up et de neurofunk. De « Glow VIP » à « Revenge », jusqu’au plus important, « Bullshark », Flashover est le fruit de tout ce travail, la dernière pierre de cet édifice. Maintenant, en regardant vers l’avenir, c’est à moi de continuer à sculpter ce son et à le pousser plus loin.

TF : Quel a été le déclic qui vous a décidé à créer un album, et combien de temps le processus a-t-il pris, de la conception à l’aboutissement ?
VICI : Le déclic a été l’approche de mes dix ans dans la scène. En 2022, j’ai donc eu cette idée qui tournait en boucle dans ma tête. En 2023, j’ai commencé à rassembler beaucoup de morceaux sur lesquels je travaillais et à essayer de donner une cohérence à ce qui allait devenir mon premier album. Au début de 2024, j’ai envoyé un message à Annix pour lui demander de m’appeler. Nous avons parlé au téléphone et je lui ai fait part de mon envie de sortir mon premier album sur Neksus — j’y avais déjà sorti un single, et mon remix de « Kicks » d’Annix devait sortir le mois suivant. Quelques semaines plus tard, je lui ai envoyé une V1 de l’album, et l’année suivante a transformé cette idée d’album en ce qu’elle est aujourd’hui. Donc, pour répondre à la question du temps écoulé entre la conception et l’achèvement, je dirais plus de deux ans !

TF : L’album traverse un large éventail de styles de drum & bass, offrant quelque chose à chaque auditeur. Quelle était votre vision ou votre approche créative pour mêler ces différents sons au sein d’un projet cohérent ?
VICI : J’ai toujours aimé tous les sous-genres de la Drum & Bass. Que ce soit en production ou en DJ set, il est très important pour moi de couvrir tout le spectre. J’ai déjà sorti des EP 100 % Liquid, 100 % Deep, 100 % Neuro… Mais cela m’a aussi dispersé et m’a fait consacrer moins de temps à façonner mon propre son. Flashover est également l’héritage de tous les sous-genres que j’ai produits, mais adaptés à mon propre son et à ma propre vision, ce qui représente un long chemin pour un artiste…

TF : L’album trouve un très bel équilibre entre morceaux solo et collaborations. Comment s’est passé le travail avec un groupe d’artistes aussi varié, et comment ces collaborations ont-elles façonné le son global de Flashover ?
VICI : Merci beaucoup ! Travailler avec ces artistes a été un vrai plaisir. D’abord parce que chacun d’entre eux est l’un de mes amis… Pour commencer, Miss Understood, ma meilleure amie depuis très longtemps et aussi la MC qui m’accompagne sur scène. La question de sa participation à ce projet ne s’est jamais posée ; nous avons travaillé ensemble sur plusieurs morceaux et décidé de garder « Glitch » et « Flashover ». Elle apparaît également sur « Shut It Down » et « Welcome To Your Life », mais de manière plus subtile ! C’est aussi elle qui a trouvé le nom de l’album, « Flashover », ce qui a influencé la manière dont l’histoire de cet album devait se terminer. Un immense merci à elle d’avoir toujours été là !

Speaker Louis, que je connais depuis de nombreuses années et qui est un excellent producteur spécialisé dans la Jungle, avec qui j’avais déjà collaboré. Je me suis dit que ce serait génial d’avoir sur l’album un morceau qui mêle nos deux univers. Eluun, avec qui je partage beaucoup de goûts en matière de Drum & Bass : il était évident que nous devions faire un morceau ensemble pour ce projet. [BORDERS], que j’ai rencontré plus récemment, mais avec qui le travail est vraiment intéressant ; il apporte une dimension musicale qui me manquait pendant la création de cet album, et nous sommes très fiers du résultat de notre morceau. Et enfin, Madrush MC : j’ai toujours rêvé d’avoir un MC anglais sur mon album, et Madrush a vraiment fait un travail incroyable sur « Unreality ».

TF : Comment s’est passée votre expérience avec Neksus Sound sur ce projet ? Leur approche ou leur philosophie ont-elles influencé la direction de l’album d’une quelconque manière ?
VICI : L’expérience avec Neksus s’est extrêmement bien passée. Avec Clara — ma manager, qui a le projet ?nk?be —, ils nous ont accordé toute la liberté possible, que ce soit pour la direction artistique, le planning de communication, etc. Un immense merci à eux pour la confiance qu’ils ont placée dans ce projet et pour avoir rendu sa concrétisation possible !

TF : Le court-métrage qui accompagne ‘Flashover’ ajoute une dimension cinématographique aux thèmes de l’album. Qu’est-ce qui vous a inspiré l’idée de fusionner les images avec votre musique, et comment pensez-vous que cela renforce le lien de l’auditeur avec l’album ?
VICI : Alors que mon album approchait de la fin de son processus créatif, ma manager Clara m’a parlé de l’idée de ce court-métrage. Raconter une histoire à travers la musique, c’est formidable, mais pouvoir la visualiser, c’est encore mieux… Elle a donc fait appel à William Scotto, un vidéaste extrêmement talentueux, qui a créé à la fois le court-métrage et la pochette de l’album. Au vu de la qualité de ses images, Clara a ensuite décidé que nous devions utiliser de nombreux extraits du court-métrage pour la communication de l’album. Elle a été indispensable tout au long de ce parcours, que ce soit pour la direction artistique, la communication, la gestion de tous les problèmes qui peuvent surgir lors de la préparation d’un album, et surtout pour me soutenir personnellement afin que je continue d’avancer. Un grand merci à elle !

TF : …et comment pensez-vous que cela enrichit l’expérience de l’auditeur ?
VICI : En 2025, la musique seule ne suffit plus. À l’ère des réseaux sociaux, il est essentiel d’offrir quelque chose en plus aux auditeurs. C’est pourquoi, pour un projet comme celui-ci, accorder autant d’importance aux visuels nous permet de proposer une belle expérience au public, en enrichissant la musique d’images marquantes !

TF : Qu’aimeriez-vous que les auditeurs retiennent de ‘Flashover,’ sur le plan musical comme émotionnel, après avoir découvert l’album et les images qui l’accompagnent ?
VICI : Avant tout, j’espère que les auditeurs ont aimé l’album et le court-métrage. J’aimerais qu’ils retiennent que cet album représente une multitude d’épreuves auxquelles j’ai été confronté dans ma vie, et la manière dont j’ai essayé de visualiser mon parcours à travers elles. J’espère transmettre un petit message d’espoir : si vous vous trouvez dans une situation difficile, ne restez pas seuls, et je vous souhaite le meilleur <3

TF : Maintenant que l’album est sorti, avez-vous prévu de donner vie à ‘Flashover’ sur scène, peut-être en intégrant les images à une performance ?
VICI : Bien sûr ! Pour la release party de l’album, les visuels étaient principalement des extraits du court-métrage, accompagnés d’autres éléments dans la même direction artistique. J’espère vraiment pouvoir continuer à proposer ce format aux côtés de Miss Understood !

TF : En repensant au parcours de création de ‘Flashover,’ quelle a été la partie la plus gratifiante du processus, et qu’avez-vous appris sur vous-même en tant qu’artiste ?
VICI : La partie la plus gratifiante du processus, c’est lorsque vous demandez un premier avis à votre entourage — amis, artistes avec qui vous travaillez — et qu’ils sont tous très heureux du résultat. Quand on passe autant de temps sur un projet, ces premières impressions sont extrêmement importantes… Ce que j’ai appris sur moi-même en tant qu’artiste, c’est que la patience est la clé de tout. Il ne faut jamais précipiter les choses, et il est particulièrement important d’accepter de se remettre en question.

TF : À quoi ressemble la suite de 2025 pour Vici ?
VICI : En 2025, Vici a de nombreuses dates prévues avec Miss Understood, notamment à Boomtown — la date de rêve, ne nous voilons pas la face —, ainsi que plusieurs morceaux à venir sur Blackout, quelques remixes et, bien sûr, d’autres projets passionnants. Merci à tous pour le soutien que vous m’accordez depuis si longtemps !

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