Dans les rouages du groove rétrofuturiste de Franz Scala
Après la sortie de son album fin 2025, plongée dans le mélange d’influences rétro et de textures cosmiques du producteur berlinois, et dans ses projets pour 2026.
Après la sortie de son album fin 2025, plongée dans le mélange d’influences rétro et de textures cosmiques du producteur berlinois, dans ses projets pour 2026, et plus encore.
Né en Italie et installé à Berlin depuis plus de dix ans, la musique de Franz Scala s’est toujours nourrie d’une riche mosaïque d’influences allant de l’Italo disco à la cosmic disco, en passant par la disco psychédélique et la proto-house. C’est cette compréhension profonde des sonorités qu’il défend qui lui permet d’injecter des années d’expérience dans ses productions. En retour, il crée une musique capable de transformer le dancefloor en rave rétro et saturée de nostalgie.
Privilégiant la qualité à la quantité, Franz Scala s’est constitué un catalogue exigeant comprenant deux remarquables albums studio sortis sur Slow Motion Records, label réputé pour avoir façonné le renouveau moderne de l’Italo disco et de la cosmic disco. Son premier album, ‘Mondo Della Notte,’ est paru il y a cinq ans, en 2020, et nous a donné un aperçu des profondeurs auxquelles Franz Scala pouvait plonger. Cinq ans jour pour jour plus tard, il a sorti son très attendu deuxième album, ‘Cafe Futuro,’ fin 2025.
L’album rend hommage au célèbre bar de Neukölln, à Berlin, qui réunissait la scène disco de la ville, en capturant les émotions et l’euphorie de la nuit à travers un prisme cinématographique. Au fil de ses treize titres, Franz Scala compose un voyage cinématographique qui relie l’héritage électronique italien à l’énergie underground berlinoise, tout en évoquant des émotions comme les couchers de soleil chaleureux, les virées nocturnes en voiture à travers la ville et l’attrait intemporel de la discothèque rétro.
En trouvant un équilibre presque parfait entre esthétique rétro et sound design tourné vers l’avenir, il nous fallait absolument échanger avec l’intéressé autour de ‘Cafe Futuro.’ Alors qu’il entame la nouvelle année, le moment semble idéal pour retrouver Franz Scala et plonger dans la création de l’album, son processus créatif, sa manière de canaliser une palette d’influences aussi vaste dans sa musique et ses projets pour 2026.
TFword : Ton nouvel album, ‘Café Futuro,’ semble à la fois prolonger et faire évoluer ton premier album, Mondo Della Notte. Depuis combien de temps ce disque était-il en préparation, et quelle étincelle a lancé le projet ?
FRANZ SCALA : Certains des premiers croquis remontent à loin, mais le véritable élan a commencé en 2023. Je me suis retrouvé à revisiter quelques vieilles démos réalisées à l’époque où Café Futuro était encore ouvert, et cela m’a poussé à construire tout un récit autour de ce lieu. Une fois que j’ai compris que le bar lui-même était devenu un souvenir, l’album est devenu une manière d’archiver cette atmosphère en musique.
TF : L’album rend hommage au célèbre bar de Neukölln, devenu un haut lieu de la scène Italo et cosmic disco. Que représentait ‘Café Futuro’ pour toi, personnellement, et comment son esprit a-t-il orienté la direction sonore et émotionnelle de ce disque ?
FRANZ SCALA : Café Futuro n’était pas qu’un bar, c’était un microcosme pour les marginaux, les danseurs, les artistes et les passionnés de musique en tout genre. Il y régnait un équilibre magique : on pouvait y entrer un mardi et tomber sur un disque face B de 1983 qui, d’une manière ou d’une autre, semblait totalement dans l’air du temps. C’est cet esprit et cette émotion que j’ai essayé d’insuffler à l’album. Je voulais que chaque titre donne l’impression que des gens découvraient quelque chose ensemble.
TF : Tu as toujours su mêler esthétique rétro et sonorités tournées vers l’avenir. Comment as-tu cherché cet équilibre sur ‘Café Futuro’ ? Y a-t-il eu des époques, des artistes ou des sons particuliers qui ont influencé ta vision cette fois-ci ?
FRANZ SCALA : Pour cet album, je me suis plongé dans la dance italienne du début des années 1980, la proto-house, la new beat et les versants les plus psychédéliques de la cosmic disco, mais en les filtrant à travers une mentalité club contemporaine. Je n’essayais pas de recréer un disque ou une époque précise ; il s’agissait plutôt d’en canaliser les codes émotionnels. Pense à des producteurs comme Alexander Robotnick, Klein & MBO, ou à la première vague Italo comme Gaz Nevada, mais avec les basses et la structure de la dance music moderne. L’équilibre vient du fait de ne pas être nostalgique pour le simple plaisir de l’être, mais de faire avancer ce son.
TF : Comment dirais-tu que ‘Café Futuro’ reflète ton évolution en tant que producteur et DJ depuis ‘Mondo Della Notte’ ? Quels éléments de ta signature sonore voulais-tu conserver, et vers quels nouveaux territoires as-tu voulu t’aventurer ?
FRANZ SCALA : Je pense que la narration est aujourd’hui plus forte. Mondo Della Notte explorait davantage les différentes humeurs de la culture du dancefloor nocturne. Café Futuro est plus personnel ; il possède un arc émotionnel clair. J’ai conservé la sensibilité mélodique et la colonne vertébrale cosmic-Italo-wave, mais je me suis poussé vers des arrangements plus hybrides, davantage de travail vocal et une touche psychédélique plus profonde.
TF : Tu as sorti l’album sur ton propre label, Slow Motion Records, qui a joué un rôle essentiel dans le renouveau du son Italo et cosmic moderne. En quoi le fait de travailler au sein de ton propre écosystème de label a-t-il influencé ta liberté créative et le résultat final de ‘Café Futuro’ ?
FRANZ SCALA : Travailler avec mon partenaire de label Fabrizio Mammarella signifie zéro compromis. Je n’ai pas à expliquer pourquoi un morceau doit durer sept minutes ou pourquoi une mélodie semble avoir été téléportée depuis 1981. Le label a toujours défendu cette zone située entre Italo, cosmic, acid et proto-house, ce qui m’a donné la confiance nécessaire pour aller aussi loin que je le voulais. Le fait que toute la famille Slow Motion ait participé aux retours et à la construction du projet a également aidé : tester les morceaux en club et contribuer à affiner l’esthétique de l’album.
TF : ‘Café Futuro’ réunit une impressionnante liste de collaborateurs — Local Suicide, Dina Summer, Furotica, Charlie et Acid Gymnastics. Comment ces collaborations se sont-elles mises en place ?
FRANZ SCALA : Très naturellement. La plupart sont nées de conversations tard dans la nuit ou de sessions spontanées en studio. Local Suicide et moi sommes amis depuis toujours ; Furotica a été mon premier choix lorsque j’ai réfléchi aux voix, et Charlie fait partie de la famille Slow Motion. C’est ma partenaire de studio et nous échangeons constamment des idées. Acid Gymnastics est arrivé avec cette touche délicieusement tordue qui a apporté une saveur différente. Chacun a contribué à quelque chose d’essentiel à l’univers de l’album.
TF : Tes sets et tes productions équilibrent souvent euphorie, introspection et mouvement. Quelle expérience émotionnelle espères-tu faire vivre aux auditeurs avec ‘Café Futuro’, sur le dancefloor comme en dehors ?
FRANZ SCALA : Je veux que les gens aient l’impression d’entrer dans une capsule temporelle surréaliste. Sur le dancefloor, j’espère que l’album provoquera cette montée de joie, cette sensation de se perdre avec des inconnus. À la maison ou au casque, j’espère qu’il fera surgir des souvenirs de lieux et de moments qui n’existent peut-être plus — ou qui n’ont peut-être jamais existé.
TF : Maintenant que ‘Café Futuro’ est sorti, quelle est la suite ? Envisages-tu des performances live, de nouveaux projets pour le label ou peut-être un autre voyage conceptuel ?
FRANZ SCALA : Un peu de tout. Aucune performance live n’est prévue pour le moment, mais je vais jouer en DJ set autant que possible. Slow Motion a également beaucoup de sorties en préparation, de nouveaux artistes, de nouvelles compilations et de nouvelles soirées. Et oui, la prochaine sortie de ma propre musique est déjà en préparation. J’aime toujours avoir quelque chose sur le feu en arrière-plan.
TF : Comment vois-tu se dessiner le prochain chapitre de l’Italo et de la cosmic disco, et quel rôle espères-tu y jouer ?
FRANZ SCALA : Le nouveau chapitre est déjà en train de s’écrire ; de jeunes producteurs absorbent l’essence de l’Italo et de la cosmic disco, mais l’appliquent de manière totalement inattendue. Je pense que l’avenir sera plus éclectique, plus ouvert, plus amusant. Mon rôle est de garder la porte ouverte : soutenir de nouveaux artistes, sortir des disques qui repoussent les limites et continuer à faire évoluer le son à ma manière. Si Café Futuro apporte ne serait-ce qu’une petite pierre à cette histoire en cours, j’en serai heureux.
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