Introduction
La sécurité et le consentement sont devenus des piliers non négociables de la culture des festivals modernes. Qu’il s’agisse d’un week-end intimiste de drum & bass ou d’un immense carnaval EDM, les producteurs du monde entier reconnaissent qu’un code de conduite clair est essentiel pour protéger le public contre des problèmes comme la soumission chimique, le harcèlement et les atteintes à la vie privée. Fait alarmant, les enquêtes indiquent qu’environ une personne sur cinq parmi les festivaliers – et même 43 % des jeunes festivalières – ont subi du harcèlement ou une agression sexuelle non désirée dans des festivals au Royaume-Uni. Ces réalités ont poussé des festivals de Londres à Los Angeles, de Barcelone à Brisbane, à renforcer leurs mesures de sécurité. Un code de conduite « Bass-Safe » n’est pas qu’un mot à la mode : c’est un engagement à créer un environnement sûr et respectueux, sur la piste de danse comme ailleurs.
Dans ce guide, nous expliquons comment les organisateurs de festivals peuvent mettre en place un code de conduite complet couvrant la soumission chimique, les prises de vue et le consentement. De la communication en amont de l’événement à l’application des règles sur place et à la transparence après l’événement, chaque étape est essentielle. Ces conseils s’appuient sur des réussites concrètes (et les leçons tirées d’échecs) dans la scène mondiale de la bass music, avec des mesures applicables aux événements de toutes tailles.
Publiez un code de conduite en langage clair partout
Un code de conduite n’est efficace que si les participants le voient et le comprennent réellement. Les producteurs de festivals doivent créer un code court et facile à comprendre, qui énonce clairement les règles et les comportements attendus en matière de consentement, de harcèlement et de sécurité. Évitez le jargon juridique et les petites lignes dissimulées : utilisez un langage simple et des listes à puces pour faciliter la lecture. Par exemple, Splore Festival, en Nouvelle-Zélande, indique explicitement : « Le harcèlement, sous quelque forme que ce soit, ne sera pas toléré. Les comportements sexuels inappropriés, quels qu’ils soient, ne sont pas les bienvenus » et avertit que les contrevenants peuvent être expulsés, une politique détaillée sur son site. Ce type de formulation sans ambiguïté donne le ton dès le départ.
Une fois rédigé, affichez ce code partout où c’est pertinent. Ajoutez-le à votre page de billetterie et imprimez-en une version courte sur les billets physiques ou électroniques (par exemple : « En participant, vous acceptez notre code de conduite : pas de harcèlement, aucun contact sans consentement, aucune soumission chimique. »). La plateforme de Ticket Fairy permet notamment aux organisateurs de festivals d’ajouter des messages personnalisés ou des conditions lors du paiement et sur les billets : c’est l’endroit idéal pour rappeler votre code. Utilisez l’application et le site du festival pour présenter le code complet dans une section bien visible, idéalement avec un lien en un clic intitulé « Code de conduite du festival ». Sur place, installez une signalétique aux entrées, aux points d’information, dans les espaces bars et près des scènes pour rappeler les règles à tous. Une affiche concise avec des messages comme « Respectez le consentement », « Aucune soumission chimique » et « Aucune prise de vue intrusive » peut être très efficace. La clé, c’est la répétition : si les participants voient le message partout, ils comprendront que vous prenez le sujet au sérieux.
Un exemple concret : lors d’un festival électronique espagnol en 2024, les organisateurs ont travaillé avec les autorités pour distribuer un code simplifié contre le harcèlement sur des flyers et des écrans, afin que même les visiteurs internationaux comprennent la politique. Résultat : les signalements d’incidents ont augmenté et les participants ont salué la communication proactive du festival. La leçon : rendez votre code de conduite très visible et parfaitement clair, afin qu’il devienne une composante de la culture de l’événement.
Formez le personnel et les artistes pour promouvoir une culture du consentement
La culture Bass-Safe d’un festival commence par la direction. Tous les membres du personnel, agents de sécurité, bénévoles – et oui, même les artistes – doivent être formés et encouragés à adopter des comportements respectueux du consentement. De nombreux festivals ont commencé à former leurs équipes à la manière de répondre aux signalements de harcèlement et d’agression, souvent en partenariat avec des organisations spécialisées. Cette formation doit couvrir la reconnaissance des signes de détresse (par exemple, une personne qui pourrait avoir subi une soumission chimique ou être harcelée), les moyens d’intervenir en toute sécurité et la façon d’accompagner les victimes. Des événements de premier plan au Canada, au Royaume-Uni et en Australie font intervenir des programmes comme la Good Night Out Campaign ou des centres locaux de ressources sur les violences sexuelles pour former leurs équipes avant l’ouverture des portes. Le bénéfice est considérable : un personnel qui sait quoi faire réagit avec assurance et compassion, plutôt qu’avec confusion. Certains festivals veillent désormais à ce que chaque membre de l’équipe, des contrôleurs de billets aux régisseurs de scène, reçoive un briefing sur le code de conduite et sur son rôle dans son application.
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Les artistes et les performeurs exercent une influence particulière sur le public : faites-les participer eux aussi. Encouragez les DJs et les MCs à profiter d’un moment pendant leur set pour promouvoir une atmosphère positive, fondée sur le consentement. Un simple message comme « Nous sommes tous là pour passer un bon moment : veillez les uns sur les autres et respectez les limites de chacun ! » peut renforcer puissamment le message. Certains artistes ont même interrompu leur performance pour dénoncer un harcèlement dans le public. C’est notamment le cas du chanteur principal de Architects, qui a arrêté un concert pour réprimander un spectateur ayant touché les parties intimes d’une personne portée par la foule, un incident rapporté par AP News. Des artistes connus comme Drake ont également interrompu des concerts pour réprimander des fans au comportement inapproprié, mettant encore davantage le problème en lumière. Ces incidents attirent l’attention de la presse, mais surtout, ils montrent à tous que le consentement est activement surveillé et défendu depuis la scène.
Pour faciliter la participation des artistes, les organisateurs peuvent les informer à l’avance du code de conduite et leur fournir des formulations types. Certains festivals ajoutent même une clause dans les contrats des artistes concernant le respect des politiques de sécurité de l’événement. Tous les DJs ne feront pas un mini-discours sur le consentement, mais beaucoup accepteront volontiers de prêter leur voix avec un bref rappel ou de porter des vêtements qui soutiennent les espaces sûrs. L’objectif est de présenter un front uni : le personnel et les artistes doivent faire comprendre ensemble que les comportements harcelants ou prédateurs n’ont pas leur place au festival. En créant cette culture du respect, impulsée par la direction, vous augmentez fortement les chances que les participants intègrent et suivent eux aussi le code.
Mettez en place des canaux de signalement clairs pour le public
Même avec des mesures préventives, des problèmes peuvent survenir. La différence entre un incident mineur et une tragédie majeure dépend souvent de la rapidité et de l’efficacité de la réaction du personnel. Il est donc essentiel de mettre en place des canaux de signalement simples et confidentiels pour permettre aux participants de signaler tout problème : suspicion de soumission chimique, incident de harcèlement ou situation dangereuse. Faites en sorte qu’il soit aussi facile que possible de demander de l’aide. Plusieurs canaux sont idéaux : fournissez par exemple un numéro de téléphone ou une ligne SMS (imprimés sur les bracelets ou les panneaux) qui redirige directement vers le centre de contrôle de l’événement ou la sécurité. De nombreux événements utilisent des systèmes par SMS, car ils permettent de signaler discrètement un problème : une personne qui ne se sent pas en sécurité ne pourra peut-être pas se rendre jusqu’à un poste de sécurité, mais elle pourra envoyer rapidement un message pour demander de l’aide.
Si votre festival dispose d’une application mobile officielle (ou utilise une application de billetterie comme Ticket Fairy), intégrez une fonction « Signaler un incident ». Il peut s’agir d’un simple bouton qui ouvre une conversation en direct avec le personnel ou un formulaire de signalement (avec possibilité de rester anonyme). Au minimum, l’application peut répertorier les numéros d’urgence et les emplacements dédiés à la sécurité sur le site. Dans vos communications en amont de l’événement (e-mails, réseaux sociaux), expliquez aux participants comment vous contacter s’ils ont besoin d’aide pendant le spectacle. Rappelez ces options sur place à l’aide de grandes banderoles : par exemple, « Besoin d’aide ? Envoyez HELP au 1234 pour une assistance immédiate » ou « Signalez tout harcèlement ou toute soumission chimique : rendez-vous à la tente Sécurité près de la scène principale. ».
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Il est tout aussi important de disposer d’un centre d’aide ou de sécurité installé physiquement sur le site du festival. Mettez en place une tente ou un stand clairement identifiable (avec une couleur vive et une signalétique comme « ESPACE SÛR » ou « Centre d’aide »), où du personnel formé est disponible. Les festivaliers doivent savoir qu’ils peuvent s’y rendre s’ils se sentent en danger ou malades, si un ami est dans cette situation, ou s’ils souhaitent signaler quelque chose. Certains festivals créent même des espaces de détente ou des espaces refuge encadrés par des bénévoles capables de prendre soin des personnes vulnérables. Par exemple, une personne qui pense que sa boisson a été trafiquée peut être conduite dans un endroit calme et surveillée par des professionnels de santé pendant que l’incident fait l’objet d’une enquête.
Le Bass Coast Festival, au Canada, est un excellent exemple. Il a non seulement créé une équipe dédiée au consentement, mais s’est également associé à une plateforme en ligne appelée REES (Respect, Educate, Empower Survivors) pour gérer les signalements. Grâce à REES, les festivaliers, les artistes et les équipes peuvent déposer un signalement pendant ou après l’événement, et le système les met en relation avec des ressources d’aide via la plateforme REES. En utilisant ces outils, Bass Coast a rendu le signalement plus accessible et moins intimidant. En résumé : faites largement connaître vos canaux de signalement et assurez-vous que chaque membre du personnel sait comment transmettre un signalement au niveau approprié. Lorsque les participants constatent qu’il est facile d’obtenir de l’aide, ils sont plus susceptibles de parler, ce qui permet de résoudre les problèmes avant qu’ils ne s’aggravent.
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Déployez une équipe de sécurité visible et réactive
Des canaux de signalement clairs doivent s’accompagner d’une équipe d’intervention visible. Les participants se sentent plus en sécurité lorsqu’ils identifient immédiatement les personnes vers qui se tourner. De nombreux festivals emploient désormais des équipes spécialisées dans la sécurité ou l’accompagnement, dont la seule mission est de gérer les incidents de harcèlement, les violations du consentement ou les cas de soumission chimique. Ces membres portent souvent des vêtements distinctifs, par exemple des gilets roses vifs ou des t-shirts affichant des slogans comme « Là pour aider », afin d’être faciles à repérer, même dans une salle bondée. Veillez à ce que cette équipe soit informée du code de conduite et habilitée à le faire respecter. Si elle voit quelqu’un adopter un comportement prédateur ou dangereux, elle doit pouvoir intervenir immédiatement.
Votre équipe de sécurité doit travailler en étroite coordination avec les agents de sécurité et le personnel médical. Par exemple, si un signalement concerne une possible soumission chimique, l’équipe peut rapidement accompagner la personne concernée vers les soins médicaux et alerter simultanément la sécurité afin de retrouver la boisson suspecte ou la personne responsable. Une action rapide et visible envoie un message fort : les contrevenants seront identifiés et sanctionnés. Dans certains pays, les forces de l’ordre peuvent être présentes lors des grands festivals. Assurez-vous que votre équipe sait collaborer avec la police en cas d’incident criminel grave (comme une agression avérée ou une soumission chimique confirmée). Toutefois, pour la plupart des problèmes liés au consentement ou au harcèlement, une équipe interne bien formée peut résoudre la situation en expulsant l’auteur et en aidant la victime, sans faire immédiatement intervenir la police, ce qui peut mettre certains participants mal à l’aise.
La visibilité ne concerne pas seulement les uniformes : elle passe aussi par la communication. Demandez à vos MCs ou animateurs de scène de rappeler régulièrement au public qui compose l’équipe de sécurité (« Si vous avez besoin de la moindre aide, cherchez les personnes portant les t-shirts jaunes de la Safety Crew ou rendez-vous à la tente blanche près de la scène du DJ. »). De nombreux événements publient une courte présentation de l’équipe de sécurité ou d’accompagnement dans le programme ou l’application du festival, parfois avec une photo ou une icône. Cela rend naturel le fait de s’adresser à elle. La nuit, veillez à ce que ses membres disposent de lampes torches ou d’accessoires lumineux pour être facilement repérables. Une présence mobile fonctionne bien : plutôt que de rester regroupée en un seul endroit, l’équipe doit circuler sur les pistes de danse, dans les zones de camping et dans les recoins plus calmes, en restant attentive aux personnes en détresse.
Le Shambhala Music Festival, en Colombie-Britannique, est un exemple réussi. Il dispose depuis longtemps d’une équipe « Safer Spaces » dédiée. Ses membres parcourent le site et sont formés à la réduction des risques et aux questions de consentement, créant une présence attentive mais bienveillante. De même, lors d’événements britanniques comme Boomtown et Reading Festival, les organisateurs ont augmenté le nombre d’agentes de sécurité et placé des bénévoles chargés de l’accompagnement au milieu du public après une hausse des signalements de harcèlement. Résultat : davantage de personnes ont demandé de l’aide dans ces environnements. La leçon pour les organisateurs est claire : investissez dans une équipe très visible, accessible et prête à agir. Cela dissuade les auteurs potentiels (qui comprennent qu’ils sont observés) et rassure les participants, qui savent qu’ils peuvent être aidés.
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Fixez et faites respecter des règles sur les prises de vue intrusives
À l’ère des appareils photo de smartphone, les festivals doivent prendre en compte la vie privée et le consentement en matière de vidéos et de photos. Les événements de bass music célèbrent la liberté d’expression : les gens s’habillent de manière extravagante, dansent avec intensité et se laissent parfois submerger par leurs émotions. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils consentent à être filmés par des inconnus. Intégrez votre position sur les prises de vue intrusives au code de conduite. Vous pouvez notamment prévoir des règles comme « Demandez toujours avant de photographier ou de filmer quelqu’un en gros plan » et « Ne filmez pas une personne de manière insistante sans son accord ». Vous ne pouvez probablement pas, et n’avez pas besoin de, interdire complètement les téléphones. En revanche, vous pouvez décourager les comportements consistant à filmer une personne qui s’y oppose clairement ou à diffuser en direct des personnes à leur insu. Insistez sur le fait que le consentement s’applique aussi aux caméras.
Certains festivals et lieux précurseurs ont déjà adopté des politiques en matière de photographie. Kiwiburn, en Nouvelle-Zélande, un événement de type Burning Man, exige explicitement des participants qu’ils obtiennent le consentement de toute personne qu’ils filment ou photographient afin de protéger la vie privée des participants conformément à sa politique relative aux médias. Adopter une approche similaire dans les festivals de bass music peut aider tout le monde à se sentir plus à l’aise. Envisagez de désigner certaines zones comme des « zones sans caméra », par exemple les espaces de détente ou les abords des tentes de premiers secours et d’accompagnement, où les personnes peuvent se trouver dans une situation vulnérable. Signalez clairement ces zones avec un message simple : « Zone privée – photos et vidéos interdites ». Vous indiquez ainsi aux participants que sortir leur téléphone dans cet espace serait contraire aux règles de la communauté.
Il est également important de définir ce qui se passe lorsqu’une personne est prise en flagrant délit de violation des règles relatives aux prises de vue. Par exemple, si un participant est signalé parce qu’il filme de manière agressive des femmes en train de danser malgré leur demande d’arrêter, votre personnel doit intervenir, lui donner un avertissement ou lui demander de partir si nécessaire. Dans les cas plus graves (comme filmer délibérément une nudité ou une urgence médicale), la tolérance doit être nulle : l’expulsion du festival doit être immédiate. Informez les participants de ces conséquences à l’avance en les intégrant au code de conduite affiché (« Les personnes qui portent atteinte à la vie privée ou au consentement d’autrui en filmant peuvent être expulsées de l’événement »). Il ne s’agit pas de contrôler les selfies spontanés ou l’enregistrement du drop de votre DJ préféré, mais de mettre fin aux prises de vue voyeuristes ou non consenties qui peuvent donner aux gens le sentiment d’être en danger. En traçant clairement cette limite, vous créez un environnement où chacun peut profiter de la musique sans craindre de se retrouver dans une vidéo indésirable.
Enfin, communiquez également la politique relative aux prises de vue à votre équipe média officielle et aux photographes des artistes. Veillez à ce qu’ils évitent les gros plans du public permettant d’identifier des personnes sans leur autorisation. Les professionnels des médias doivent être identifiables et informés de la nécessité de demander le consentement des personnes photographiées pour tout portrait ou toute prise de vue personnelle. Lorsque la communauté constate que même vos cadreurs et photographes respectent les limites, elle sera plus susceptible de faire de même. N’oubliez pas : un festival est un monde temporaire avec ses propres règles. Si la vie privée et le consentement font partie de ces règles, ils influenceront positivement le comportement des participants.
Assurez le suivi avec transparence après l’événement
L’engagement en faveur d’un environnement Bass-Safe ne doit pas prendre fin lorsque résonne la dernière ligne de basse. L’une des mesures les plus efficaces qu’un organisateur de festival puisse prendre consiste à assurer un suivi transparent après l’événement sur la manière dont les problèmes de sécurité ont été gérés. Cela signifie partager des statistiques anonymisées et agrégées ainsi que les résultats liés à votre code de conduite. Vous pouvez par exemple publier un court bilan après l’événement ou un message sur les réseaux sociaux pour remercier les participants et préciser : « Nous sommes fiers de constater que, sur 20 000 participants, 15 incidents de harcèlement ont été signalés. Notre équipe d’intervention est intervenue dans les 15 cas, entraînant l’expulsion de 5 participants et garantissant un accompagnement aux personnes concernées. » En fournissant ces données, vous faites preuve de responsabilité : vous montrez que le code de conduite n’était pas une simple déclaration d’intention, mais qu’il a été activement appliqué.
Assurer ce suivi présente plusieurs avantages. Premièrement, cela renforce la confiance de votre communauté. Les participants, les artistes et les sponsors voient que vous prenez la sécurité au sérieux et que vous acceptez de parler ouvertement des difficultés rencontrées. Deuxièmement, cela contribue à améliorer les actions futures : en analysant ce qui s’est passé, vous pouvez repérer des tendances (par exemple, si la plupart des incidents se sont produits dans une zone donnée ou pendant le set d’une certaine tête d’affiche) et vous adapter pour la prochaine édition. Troisièmement, cela encourage les futurs signalements : lorsque les gens savent que leur parole a entraîné des mesures concrètes, ils sont plus susceptibles de s’exprimer à nouveau si un problème survient. Un article de blog ou un récapitulatif dans une newsletter peut suffire. Mettez également en avant les résultats positifs, comme : « Grâce à nos nouveaux kits de détection des substances dans les boissons, nous avons détecté et empêché 3 tentatives potentielles de soumission chimique » ou « 90 % des personnes ayant répondu à l’enquête ont déclaré avoir considéré le festival comme un espace sûr. » Partager ces réussites renforce l’importance des mesures mises en place.
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En interne, prévoyez un débriefing avec votre personnel et l’équipe de sécurité après le festival. Recueillez leurs retours sur les procédures qui ont fonctionné et celles qui doivent être améliorées. Vous pouvez intégrer ces informations, dans les grandes lignes, à votre rapport de transparence. Par exemple : « L’année prochaine, nous investirons dans un éclairage supplémentaire dans la zone de camping et ajouterons davantage de référents mobiles, sur la base de ce que nous avons appris. » De tels engagements montrent que le code de conduite est une promesse vivante et évolutive, constamment mise à jour pour mieux servir la communauté du festival. Dans un monde où les participants sont de plus en plus attentifs aux questions de sécurité et de consentement, cette ouverture peut même constituer un avantage concurrentiel. Elle montre que votre festival ne se résume pas aux drops de basse, mais qu’il consiste aussi à veiller les uns sur les autres à chaque étape.
À retenir
- Rendez le code visible : rédigez un code de conduite concis et en langage clair, couvrant le consentement, le harcèlement et la sécurité. Affichez-le bien en évidence sur les billets, le site ou l’application de l’événement, ainsi que sur des panneaux dans tout le lieu, pour maximiser sa visibilité.
- Montrez l’exemple : formez votre personnel, vos agents de sécurité et vos bénévoles à la gestion des incidents de harcèlement ou de soumission chimique, et encouragez les artistes à promouvoir la culture du consentement depuis la scène. Un front uni donne le ton : les comportements irrespectueux ne seront pas tolérés.
- Facilitez les signalements : proposez plusieurs canaux (ligne SMS, fonction dans l’application, points d’aide physiques) afin que les participants puissent obtenir rapidement et discrètement de l’aide. Assurez-vous que chacun dispose à tout moment d’un moyen clairement communiqué de signaler un problème ou de demander de l’assistance.
- Une équipe de sécurité sur place : déployez une équipe de sécurité ou d’accompagnement clairement identifiable, chargée de répondre aux violations du code de conduite. Sa présence visible et son intervention rapide dissuadent les contrevenants et rassurent les participants, qui savent qu’ils peuvent être aidés.
- Respectez la vie privée : mettez en place des règles contre les prises de vue intrusives ou les photos sans consentement. Informez les participants que porter atteinte à la vie privée d’autrui (par exemple en réalisant un enregistrement non désiré) est contraire aux règles et peut entraîner une expulsion.
- Allez jusqu’au bout : après le festival, partagez des statistiques anonymisées sur les incidents et la manière dont ils ont été traités. Cette transparence prouve votre engagement en faveur d’un environnement sûr et aide à améliorer les stratégies pour le prochain événement.
En intégrant ces pratiques, les organisateurs de festivals de bass music peuvent créer une atmosphère où chacun – des passionnés de drum & bass les plus aguerris aux novices de la rave – se sent en sécurité, respecté et libre de profiter de la musique. Un code de conduite Bass-Safe ne sert pas seulement à prévenir les mauvais comportements : il contribue activement à façonner une communauté positive et attentive au consentement sur la piste de danse. Lorsqu’il est bien appliqué, il transforme les festivals, qui ne sont plus de simples fêtes, en espaces de célébration véritablement inclusifs, où la seule chose qui tombe est la basse – jamais les exigences en matière de respect et de sécurité.
Foire aux questions
Qu’est-ce qu’un code de conduite Bass-Safe pour les festivals ?
Un code de conduite Bass-Safe est une politique de sécurité complète conçue pour protéger les participants contre le harcèlement, la soumission chimique et les atteintes à la vie privée. Elle consiste à publier des règles claires et rédigées en langage simple sur le consentement et les comportements attendus, sur les billets, les applications et la signalétique, tout en veillant à ce que le personnel et les artistes soient formés pour faire activement respecter ces règles sur place.
Comment les organisateurs peuvent-ils présenter efficacement les règles de sécurité aux participants ?
Les organisateurs doivent publier des règles courtes, sous forme de liste à puces et en langage clair, sur les pages de billetterie, les applications et les billets physiques. La visibilité sur place est essentielle : installez une signalétique bien visible aux entrées, dans les bars et près des scènes, avec des messages clairs comme “Respectez le consentement” et “Aucune soumission chimique”, afin que chacun voie et comprenne le code.
Pourquoi la formation du personnel et des artistes est-elle essentielle à la sécurité des festivals ?
La formation permet aux agents de sécurité, aux bénévoles et aux artistes de reconnaître les signes de détresse, comme une soumission chimique ou un harcèlement, et d’intervenir en toute sécurité. Des programmes comme la Good Night Out Campaign apprennent aux équipes à accompagner les victimes, tandis que les artistes peuvent utiliser leur présence sur scène pour promouvoir la culture du consentement. Cela crée un front uni qui défend activement la sécurité du public.
Quels sont les meilleurs moyens de signaler un harcèlement dans un festival ?
Les festivals doivent proposer plusieurs canaux de signalement confidentiels, comme des lignes SMS dont le numéro est imprimé sur les bracelets ou des fonctions “Signaler un incident” dans les applications du festival. Les organisateurs doivent également créer des centres d’aide ou des espaces refuge clairement signalés et encadrés par des équipes formées, où les participants peuvent obtenir immédiatement une aide bienveillante et sans jugement en cas de problème de sécurité ou de besoin médical.
Comment les festivals doivent-ils gérer les prises de vue et le consentement relatif à la vie privée ?
Les événements doivent inclure dans leur code de conduite des règles contre les prises de vue intrusives, exiger le consentement pour les enregistrements en gros plan et interdire les prises de vue non désirées. Les organisateurs peuvent désigner des “zones sans caméra” près des espaces sensibles, comme les tentes d’accompagnement, et habiliter le personnel à expulser les participants qui portent atteinte à la vie privée, afin de garantir un environnement confortable pour s’exprimer librement.
Pourquoi la transparence après l’événement est-elle importante pour la sécurité des festivals ?
Le partage de statistiques anonymisées et agrégées sur les incidents de sécurité et leurs résultats renforce la confiance et démontre la responsabilité de l’organisation envers la communauté. Publier des données sur la manière dont les signalements de harcèlement ou de soumission chimique ont été traités prouve que le code de conduite est activement appliqué, encourage les futurs signalements et aide les organisateurs à repérer des tendances pour améliorer les mesures de sécurité lors des prochains événements.