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Langage et visuels inclusifs à chaque étape d’un festival de cinéma

Découvrez comment les équipes de festivals utilisent badges de pronoms, langage inclusif, images diverses et contenus multilingues et accessibles pour accueillir tout le monde.

À l’accueil animé d’un festival de cinéma, les participants sont accueillis non seulement avec le sourire, mais aussi avec des badges indiquant leurs pronoms. Les affiches du festival présentent une mosaïque de visages – âges, origines et capacités variés – pour montrer clairement que tout le monde est le bienvenu. Sur les réseaux sociaux et dans les programmes imprimés, les mots sont choisis avec soin pour éviter les suppositions, et les informations essentielles sont disponibles en plusieurs langues. Ces attentions inclusives ne relèvent pas seulement de la correction politique : elles améliorent fondamentalement l’expérience du festival en veillant à ce que chaque participant et chaque créateur se sente reconnu et valorisé. Des petits festivals de films indépendants aux grandes célébrations internationales du cinéma, les organisateurs de festivals tournés vers l’avenir intègrent le langage et les visuels inclusifs à chaque point de contact de leurs événements, en défendant la diversité et l’accessibilité à chaque étape.

Utiliser les pronoms sur les badges et dans les communications

Une pratique simple mais puissante consiste à inclure les pronoms sur les badges nominatifs du personnel, des bénévoles et des participants. En donnant à chacun la possibilité d’afficher ses pronoms (par exemple elle, il, iel), les festivals montrent leur respect pour les identités individuelles et contribuent à éviter les erreurs de genre, une pratique recommandée par les guides d’événements inclusifs. Par exemple, des conférences technologiques comme PyCon UK ont commencé à imprimer les pronoms sur les badges dès 2018, et de nombreux festivals et marchés du film progressistes leur emboîtent le pas. Certains festivals installent des espaces où récupérer des autocollants de pronoms ou permettent aux participants de sélectionner leurs pronoms lors du processus d’inscription à l’événement, afin de les imprimer directement sur les badges. Il est important que le partage des pronoms reste facultatif : personne ne doit se sentir obligé de révéler son identité s’il ou elle n’est pas à l’aise, comme le recommandent les experts de l’inclusion. L’objectif est de faciliter le partage des pronoms pour les personnes qui le souhaitent.

Pour mettre cette pratique en place, les organisateurs de festivals peuvent ajouter un champ consacré aux pronoms dans le processus d’inscription aux billets ou utiliser des autocollants imprimables lors du contrôle à l’entrée. Si votre plateforme de billetterie prend en charge les questions personnalisées, comme celle de Ticket Fairy, vous pouvez demander les pronoms des participants à l’avance et les intégrer facilement aux badges au moment de l’impression. Formez le personnel d’accueil à proposer des autocollants de pronoms ou à confirmer le pronom à inscrire sur le badge. Cette petite étape indique immédiatement que votre festival est un espace sûr et accueillant pour les personnes de tous les genres. Elle instaure un climat de respect dès le premier contact.

Éviter les suppositions liées au genre dans les textes

Le langage inclusif ne se limite pas aux pronoms sur les badges : il concerne chaque e-mail, publication sur les réseaux sociaux et présentation depuis la scène. Les communications du festival doivent éviter les suppositions liées au genre et les formulations binaires. Par exemple, au lieu de s’adresser au public avec « Mesdames et messieurs », de nombreux événements inclusifs préfèrent des formules comme « Bienvenue aux cinéastes et aux invités » ou simplement « Bienvenue à toutes et à tous ». Dans les textes, évitez d’attribuer par défaut des pronoms genrés à des personnes hypothétiques (utilisez iel au singulier ou reformulez les phrases au pluriel). Adressez-vous toujours aux personnes – membres du public, réalisateurs ou membres de l’équipe – avec les pronoms et les titres qu’elles utilisent elles-mêmes. Si vous décrivez un cinéaste dans un programme, vérifiez ses pronoms plutôt que de les déduire de son prénom.

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De nombreux festivals de cinéma ont commencé à revoir leurs supports pour utiliser des intitulés de postes et des qualificatifs neutres. Par exemple, au lieu de dire « chairman » ou « actress », utilisez « chairperson » ou simplement « actor », sauf si la personne concernée précise une autre préférence. Une étape marquante a été franchie lorsque le Berlin International Film Festival (Berlinale) a supprimé les catégories de récompenses genrées en 2021, choisissant de récompenser les interprètes dans une catégorie d’interprétation neutre, un changement rapporté par The National News. Cette décision a souligné la volonté d’éviter les distinctions de genre inutiles. De même, les documents internes et les textes destinés au public doivent être relus pour repérer les formulations genrées involontaires. Des phrases comme « écouter les gars de l’équipe son » peuvent être reformulées en « écouter l’équipe son » : des changements subtils qui permettent à chacun de se sentir inclus.

Une stratégie utile consiste à élaborer un guide de style inclusif pour les communications de votre festival. Ce guide peut répertorier les termes à privilégier (par exemple « cinéaste » plutôt que « cameraman »), donner des conseils sur l’emploi des pronoms et signaler les pièges courants liés au ton. Avant de publier un contenu, faites relire les textes importants par plusieurs personnes aux profils variés afin de repérer les suppositions liées au genre ou les formulations excluantes. Comme l’a dit une directrice artistique, il faut « essayer de parler la langue des publics, sans froisser personne »un point de vue issu de recherches sur la gestion des festivals –, ce qui signifie employer un langage accueillant et respectueux pour tous.

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Représenter la diversité dans les visuels du festival

On dit qu’une image vaut mille mots – et les visuels de votre festival communiqueront silencieusement qui y a sa place. Pour favoriser l’inclusion, les supports marketing et les visuels sur site (bannières, sites web et vidéos promotionnelles, par exemple) doivent représenter la grande diversité de vos créateurs et de votre public. Faites un effort conscient pour inclure dans les photos et les vidéos des personnes d’origines, de genres, de morphologies, d’âges et de capacités différents. Lorsque les participants potentiels voient dans vos contenus promotionnels quelqu’un qui leur ressemble (ou simplement un mélange de personnes différentes), le message est clair : « les personnes comme vous sont les bienvenues ici ».

Par exemple, le Tribeca Film Festival de New York a mis en avant des cinéastes aux profils variés dans ses images de relations presse, et les campagnes de billetterie du Sydney Film Festival présentent souvent un mélange de portraits de spectateurs issus de différentes communautés. En Inde, les récentes promotions du Mumbai Film Festival montraient des hommes et des femmes d’origines diverses assistant à des projections, reflétant subtilement le caractère cosmopolite de la ville. Dans le sillage d’initiatives internationales comme l’engagement de parité 50/50 d’ici 2020 (lancé à Cannes), dans le cadre duquel des dirigeants ont signé un engagement en faveur de l’égalité des genres, des événements de Cannes à Toronto ont cherché à programmer davantage de films réalisés par des femmes et des personnes racisées, et mettent ces créateurs en avant dans leurs supports de presse.

Autrefois, certains organisateurs hésitaient même à utiliser des images représentant certains groupes, de peur de ne pas séduire leur public « cœur de cible ». Aujourd’hui, cette vision étroite disparaît rapidement : les festivals sont censés être des célébrations culturelles inclusives. Ils sont désormais considérés comme des plateformes qui doivent montrer l’exemple sur les questions de diversité. Ainsi, concevoir vos contenus visuels en tenant compte de la diversité n’est pas seulement un plus : c’est une composante d’une bonne gestion de festival.

Mesures pratiques pour des visuels plus inclusifs :
* Auditez votre médiathèque : Examinez les photos et les vidéos que vous prévoyez d’utiliser : représentent-elles collectivement un éventail d’identités et de récits ? Si ce n’est pas le cas, recherchez des contenus supplémentaires (faites appel à des photographes aux profils variés ou utilisez des images d’événements passés) pour combler les lacunes.
* Donnez leur place aux photographes de la communauté : Certains festivals invitent des photographes issus de communautés sous-représentées à documenter l’événement. Cela peut produire des images plus authentiques de participants et de moments variés.
* Évitez les stéréotypes : Veillez à ce que les personnes de chaque groupe soient représentées dans des rôles variés (par exemple, ne montrez pas toujours les femmes comme assistantes ou les minorités uniquement à l’arrière-plan). Montrez la diversité dans les positions d’autorité : réalisatrices lors de séances de questions-réponses, intervenants en situation de handicap dans des tables rondes, etc.
* Accessibilité visuelle : Lorsque vous représentez des personnes handicapées, faites-le avec respect et naturel. Montrer, par exemple, des spectateurs sourds qui apprécient un film sous-titré ou une personne en fauteuil roulant sur le tapis rouge met en valeur l’inclusion de manière positive.

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En choisissant leurs visuels avec soin, les festivals construisent un récit selon lequel tout le monde a sa place dans le public et à l’écran.

Traduire les supports essentiels pour un public international

Les festivals de cinéma attirent souvent des participants et des invités internationaux, et même les festivals locaux peuvent s’adresser à des communautés multilingues. Proposer des traductions des supports essentiels est un élément clé d’une communication inclusive. Au minimum, cela peut signifier proposer le site web, le programme ou la signalétique essentielle de votre festival dans plusieurs langues. Par exemple, le Tokyo International Film Festival propose par défaut son site et son programme en japonais et en anglais, pour répondre aux besoins des cinéphiles locaux comme des visiteurs étrangers. De même, le Locarno Film Festival, en Suisse, adopte les quatre langues officielles du pays – allemand, français, italien et romanche – dans ses communications, mettant en avant l’identité multilingue du festival et reflétant le public multilingue auquel il s’adresse.

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Au-delà des langues nationales, tenez compte des besoins linguistiques de votre public spécifique. En Nouvelle-Zélande, par exemple, le festival national du film a intégré le te reo M?ori à son identité (il est connu sous le nom de Wh?nau M?rama: New Zealand International Film Festival) et à certaines sections de son programme présentant des courts métrages māoris et pasifikas, rendant hommage à la langue autochtone et signalant l’inclusion des communautés māories. Si votre festival se déroule dans une région où vit une importante population bilingue (anglais/espagnol dans certaines régions des États-Unis ou français/arabe dans certaines régions du Canada, par exemple), traduire les annonces importantes, les descriptions de films et même les publications sur les réseaux sociaux peut considérablement élargir l’accessibilité.

La traduction s’applique aussi aux films et à la programmation. Les festivals internationaux sous-titrent régulièrement les films pour réduire les barrières linguistiques. Le Shanghai International Film Festival, par exemple, gère les sous-titres de centaines de films dans de nombreuses langues – un processus si essentiel qu’une erreur, même mineure, peut « nuire à l’expérience du public », tandis que des sous-titres exacts « rendent tout le monde heureux », selon l’équipe du Shanghai International Film Festival. Cette leçon vaut aussi pour les contenus informatifs de votre festival : une traduction précise et de qualité inspire confiance et confort, tandis qu’une traduction négligée peut désorienter ou exclure les participants.

Pour gérer les traductions :
* Donnez la priorité aux supports essentiels : Déterminez quels documents ou contenus (sections du site, FAQ, plans des lieux, annonces de sécurité) doivent être traduits en priorité selon votre public. Commencez par ceux-là.
* Faites appel à des traducteurs humains : Dans la mesure du possible, travaillez avec des traducteurs professionnels ou des consultants culturels afin de préserver les nuances, notamment pour les annonces publiques importantes ou les messages de bienvenue des directeurs du festival. Si votre budget est limité, comme cela peut être le cas pour un petit festival, faites appel à des réseaux de bénévoles – étudiants en cinéma ou membres de la communauté maîtrisant la langue cible, par exemple –, mais faites toujours relire le résultat par un deuxième locuteur natif pour en vérifier l’exactitude.
* Mettez en avant les options linguistiques : Indiquez clairement que d’autres langues sont disponibles. Ajoutez par exemple un sélecteur de langue sur votre site ou placez dans les lieux une signalétique indiquant « Información en Español disponible » (informations disponibles en espagnol). Lorsque les personnes voient que vous avez fait l’effort de parler leur langue, leur sentiment d’appartenance augmente fortement.
* Pensez à l’accessibilité dans la traduction : Fournir des traductions écrites est utile, mais n’oubliez pas les autres formats. Si une partie de votre public est sourde ou malentendante, envisagez une interprétation en langue des signes ou des résumés écrits des présentations orales. Si de nombreux participants sont malvoyants, pensez aux traductions audio ou aux contenus numériques compatibles avec les lecteurs d’écran. L’inclusion consiste à répondre aux besoins de chacun.

Rappelez-vous que l’inclusion n’est pas une solution universelle : il s’agit de répondre aux besoins de votre public. Si même une partie de vos participants bénéficie de supports traduits, les proposer montre que votre festival les accueille.

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Auditer le ton et l’accessibilité de tous les contenus

L’inclusion consiste aussi à veiller à ce que les communications de votre festival adoptent un ton accueillant et soient utilisables par des personnes de toutes capacités. Un audit approfondi de vos contenus – du site web aux panneaux imprimés en passant par les publications sur les réseaux sociaux – doit vérifier à la fois le ton et l’accessibilité.

Commencez par le ton : les formulations correspondent-elles à une voix positive et inclusive ? Évitez le sarcasme ou les plaisanteries réservées aux initiés qui pourraient éloigner les nouveaux venus. Veillez à ce que les règles et les instructions (conditions de billetterie ou règlement du lieu, par exemple) soient formulées avec politesse et de manière utile, sans langage agressif. Recherchez la clarté et la simplicité. Les experts recommandent d’écrire en langage clair : expliquez ou évitez le jargon, développez les acronymes et faites des phrases courtes, en suivant les guides de ressources accessibles pour les événements. Cela profite à tout le monde, des personnes dont l’anglais n’est pas la langue maternelle aux professionnels du secteur qui veulent simplement obtenir rapidement une information. Un ton respectueux et enthousiaste peut rendre accueillantes même les communications les plus banales.

Concentrez-vous ensuite sur l’accessibilité dans la conception et la diffusion de vos contenus. Il faut tenir compte des personnes ayant des handicaps visuels, auditifs, cognitifs ou moteurs dans la manière dont vous présentez les informations :
* Accessibilité visuelle : Veillez à ce que le texte soit suffisamment grand et utilise des polices lisibles. Utilisez des couleurs très contrastées pour le texte et l’arrière-plan afin que les personnes malvoyantes ou daltoniennes puissent lire confortablement. Ajoutez un texte alternatif (alt text) aux images de votre site et de vos réseaux sociaux, afin que les utilisateurs de lecteurs d’écran sachent ce qu’elles représentent.
* Accessibilité auditive : Si vous produisez des vidéos (bandes-annonces, vidéos promotionnelles ou séances de questions-réponses diffusées en direct), ajoutez des légendes ou des sous-titres. De nombreux festivals, comme TIFF, indiquent quelles projections sont proposées avec des sous-titres ouverts (visibles par tous) ou des options de sous-titrage codé, comme le précisent les initiatives d’accessibilité de TIFF, afin que les spectateurs sourds ou malentendants puissent participer pleinement. Même lors des discours ou tables rondes de la soirée d’ouverture, utilisez un microphone, parlez clairement et envisagez la présence d’interprètes en langue des signes ou d’un sous-titrage en direct à l’écran : ces mesures font une grande différence.
* Accessibilité physique et numérique : Pensez à des formats qui dépassent l’imprimé classique. Certains participants peuvent avoir du mal à tenir des brochures ou à lire de petits plans. Proposer une version numérique du programme (que l’on peut agrandir sur un téléphone) ou une application simple peut aider. Veillez également à ce que votre site soit navigable au clavier (pour les personnes qui ne peuvent pas utiliser de souris) et respecte les normes courantes d’accessibilité web (comme les WCAG). Indiquer dans vos communications où se trouvent les entrées, toilettes et places accessibles est essentiel pour les personnes qui en ont besoin.

Réaliser un audit d’accessibilité peut impliquer l’utilisation de listes de contrôle ou d’outils, par exemple en faisant passer votre site dans un outil de vérification de l’accessibilité ou en invitant des personnes issues de communautés de personnes handicapées à relire vos supports. Il est également utile de solliciter des retours : faites savoir aux participants que vous accueillez leurs suggestions pour améliorer l’accessibilité et l’inclusion. De nombreux festivals proposent désormais une page d’informations sur l’accessibilité (comme le font ImagineNATIVE et TIFF) ainsi qu’une adresse e-mail pour les demandes d’aménagement. Cette ouverture montre que la présence de chacun compte et que, si quelque chose ne fonctionne pas, vous êtes prêt à le corriger.

Enfin, rappelez-vous que les audits du ton et de l’accessibilité ne se font pas une seule fois. Prenez l’habitude de revoir régulièrement les communications de votre festival. La langue évolue, de nouvelles technologies d’accessibilité apparaissent et le public peut avoir des besoins différents chaque année. En auditant et en affinant continuellement votre approche, vous vous assurez que le message d’inclusion de votre festival reste sincère et efficace.

Déployer l’inclusion : des festivals de niche aux événements internationaux

L’approche du langage et des visuels inclusifs peut être adaptée à la taille et au public de votre festival, mais les principes fondamentaux restent les mêmes. Pour les petits festivals de cinéma indépendants (par exemple une vitrine régionale du cinéma indépendant), les ressources peuvent être limitées, mais l’inclusion peut passer par des attentions personnalisées. Une petite équipe peut accueillir personnellement les participants, apprendre leurs noms et leurs pronoms, et même connaître les besoins linguistiques des membres de la communauté, créant ainsi un accueil très personnalisé. Les supports imprimés peuvent être plus simples à cette échelle, mais même un document d’une page peut comporter une note dans la deuxième langue locale ou une phrase comme « dites-nous si vous avez besoin d’aide » pour répondre aux besoins d’accessibilité.

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À l’inverse, les grands festivals internationaux (comme Berlinale ou Sundance) doivent relever le défi du changement d’échelle : des dizaines de milliers de participants venus de dizaines de pays. Ces festivals investissent généralement dans des équipes ou des comités dédiés à la diversité et à l’inclusion. Le multilinguisme y est attendu ; Sundance propose souvent des guides ou des sous-titres en espagnol pour la communauté latino locale, et le European Film Market de Berlinale a accueilli des initiatives d’inclusion destinées aux professionnels sous-représentés. Les grands événements peuvent produire des guides d’accessibilité complets, proposer des technologies comme des appareils d’aide à l’écoute lors des projections et former des centaines de bénévoles à un accueil inclusif (par exemple, accompagner avec respect une personne aveugle jusqu’à sa place ou réagir correctement à une erreur de pronom).

Un autre élément à prendre en compte est le type de festival et son public principal. Un festival de cinéma LGBTQ+ (par exemple Frameline à San Francisco ou BFI Flare à Londres) donne naturellement la priorité au langage inclusif : les pronoms figurent généralement sur les badges, les lieux disposent de toilettes non genrées et le marketing célèbre explicitement les récits queer et trans. Ces festivals montrent souvent la voie avec des pratiques que les festivals généralistes peuvent adopter. De même, les festivals centrés sur des communautés ethniques ou culturelles spécifiques (comme le BlackStar Film Festival aux États-Unis ou le Busan International Film Festival en Corée) accordent une grande importance aux supports bilingues et aux images culturellement sensibles, afin de rendre hommage à leur public tout en invitant d’autres personnes à les rejoindre. À l’inverse, un festival destiné au grand public doit savoir répondre à tous les besoins et veiller à ce qu’aucun groupe ne se sente oublié.

Quelle que soit l’échelle ou la thématique, l’aspect engagement communautaire est essentiel. Certains festivals créent des groupes consultatifs réunissant des personnes de différentes communautés pour relire les plans et les supports, comme le fait Cork International Film Festival pour s’assurer que sa programmation et sa communication reflètent la diversité de son public, comme l’indique sa politique d’égalité et de diversité. Ce type de participation permet non seulement de repérer les problèmes (un slogan qui se traduit mal ou une image qui pourrait sembler relever du simple affichage, par exemple), mais aussi de créer un climat de confiance. Les communautés qui se sentent consultées et représentées sont plus susceptibles de devenir des ambassadrices du festival, d’en parler autour d’elles et de remplir les salles.

En définitive, l’inclusion est un processus d’apprentissage continu. Les festivals ont connu des réussites et des faux pas sur ce chemin. Il y a eu des avancées, comme lorsqu’un programme de festival a été mis à jour au dernier moment parce qu’un participant avait annoncé fièrement être non binaire (l’équipe a alors harmonisé les pronoms dans tout le festival pour le soutenir), mais aussi des exemples qui invitent à la prudence, comme lorsqu’une absence d’interprétation en langue des signes lors d’une séance de questions-réponses a suscité les critiques du public. La marque d’un grand organisateur de festival n’est pas de ne jamais faire d’erreur, mais d’écouter, de présenter ses excuses lorsque c’est nécessaire et d’améliorer constamment ses pratiques d’inclusion d’une année sur l’autre. Abordez l’inclusion avec humilité et avec la volonté sincère d’accueillir tout le monde : votre festival continuera de grandir, tant par son public que par la confiance de la communauté.

À retenir

  • Pronoms et respect : Incluez les pronoms sur les badges ou au moyen d’autocollants pour montrer votre respect envers tous les genres. Ne faites jamais de suppositions sur le genre ou les pronoms d’une personne : en cas de doute, demandez ou utilisez un langage inclusif.
  • Langage neutre : Utilisez des termes inclusifs et neutres dans tous vos textes. Remplacez les termes genrés dépassés et vérifiez la manière dont vous vous adressez au public. Si de grands festivals comme Berlinale peuvent supprimer les récompenses genrées, vous pouvez retirer « Mesdames et messieurs » de votre script !
  • Visuels diversifiés : Veillez à ce que vos visuels marketing et événementiels représentent des personnes variées. Montrer la diversité des origines, des genres, des âges et des capacités indique aux participants potentiels que tout le monde est le bienvenu et valorisé.
  • Communication multilingue : Traduisez les supports et annonces essentiels pour les publics multilingues. Même des traductions partielles ou une signalétique bilingue peuvent améliorer considérablement l’expérience des participants dont la langue maternelle n’est pas celle du festival.
  • L’accessibilité compte : Auditez tout – sites web, vidéos, signalétique – pour vérifier l’accessibilité. Utilisez des sous-titres, du texte alternatif, un design très contrasté et un langage clair. Facilitez l’accès aux informations et au festival pour les personnes handicapées.
  • Un ton inclusif et constant : Adoptez un ton chaleureux et respectueux dans toutes vos communications. Évitez l’argot ou les références qui excluent. Sollicitez les retours et soyez prêt à vous adapter si quelqu’un signale un oubli dans votre langage ou vos contenus.
  • Adaptez-vous à votre public : Mettez en place des pratiques inclusives adaptées à la taille et aux caractéristiques de votre festival. Un festival de cinéma local peut être aussi inclusif qu’un événement international en se concentrant sur ce qui compte pour son public.
  • Apprenez et évoluez : L’inclusion est un parcours continu. Continuez à tirer les leçons des réussites (et des échecs) d’autres festivals et sollicitez l’avis de voix diverses. Montrez votre engagement à progresser : votre public le remarquera et l’appréciera.

Foire aux questions

Pourquoi les événements devraient-ils inclure les pronoms sur les badges nominatifs ?

Inclure les pronoms sur les badges nominatifs aide à éviter les erreurs de genre et montre du respect pour les identités individuelles. Cela indique que l’événement est un espace sûr et accueillant pour tous les genres. Cette pratique doit rester facultative, afin que les participants puissent choisir leurs pronoms via les formulaires d’inscription ou des autocollants à l’accueil.

Comment les festivals de cinéma peuvent-ils représenter la diversité dans leurs visuels marketing ?

Les festivals peuvent favoriser l’inclusion en auditant leurs médiathèques pour vérifier que les photos représentent des origines, des âges, des morphologies et des capacités variés. Les organisateurs doivent éviter les stéréotypes et donner aux photographes de la communauté les moyens de capturer des moments authentiques. Montrer la diversité dans les rôles d’autorité, comme les réalisateurs ou les intervenants de tables rondes, indique que tout le monde a sa place.

Quels sont des exemples de langage inclusif pour les animateurs d’événements ?

Les animateurs inclusifs remplacent les salutations binaires comme « Mesdames et messieurs » par « bienvenue à toutes et à tous » ou « bienvenue aux cinéastes et aux invités ». Ils utilisent des titres neutres comme « chairperson » ou « actor » plutôt que des termes genrés. Ils doivent également utiliser « iel » pour les personnes hypothétiques plutôt que de choisir par défaut « il » ou « elle ».

Comment les organisateurs d’événements doivent-ils recueillir les pronoms des participants lors de l’inscription ?

Les organisateurs peuvent ajouter un champ de question personnalisée facultatif dans la plateforme de billetterie afin de recueillir les pronoms à l’avance. Ceux-ci peuvent être imprimés directement sur les badges ou proposés sous forme d’autocollants au bureau d’inscription. Le caractère facultatif de la démarche garantit qu’aucun participant ne se sente obligé de révéler son identité.

Pourquoi l’accessibilité multilingue est-elle importante pour les festivals de cinéma ?

Les supports multilingues améliorent l’accessibilité pour les invités internationaux et les communautés locales diverses, afin que chacun se sente valorisé. Traduire les contenus essentiels comme les sites web, les programmes et les annonces de sécurité renforce la confiance. Des festivals comme Locarno et Tokyo montrent comment proposer plusieurs langues reflète le caractère cosmopolite du public de cinéma.

Qu’est-ce qu’un audit d’accessibilité des communications d’un événement ?

Un audit d’accessibilité examine tous les contenus d’un festival, des sites web à la signalétique, pour vérifier qu’ils sont utilisables par les personnes handicapées. Il contrôle notamment le contraste, la compatibilité avec les lecteurs d’écran et l’emploi d’un langage clair et simple. Il implique souvent l’utilisation d’outils automatisés ou la consultation de communautés de personnes handicapées afin d’identifier les obstacles.

Comment les sous-titres ouverts améliorent-ils l’accessibilité des festivals de cinéma ?

Les sous-titres ouverts, visibles par tous les spectateurs, permettent aux publics sourds et malentendants de participer pleinement aux projections. Au-delà des films, proposer des sous-titres ou une interprétation en langue des signes lors des tables rondes et des discours garantit que les informations essentielles et le contenu artistique restent accessibles à toutes les personnes présentes.

Les festivals de cinéma peuvent-ils rendre les récompenses d’interprétation neutres ?

Les festivals peuvent supprimer les distinctions de genre en récompensant les interprètes dans une seule catégorie d’interprétation neutre. Le Berlin International Film Festival a mis cette mesure en place avec succès en 2021 afin d’éviter les classifications binaires inutiles. Ce changement met l’accent sur la qualité de l’interprétation plutôt que sur l’identité de genre de l’acteur.

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